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Nicolas Sarkozy minimise une éventuelle perte du triple A français

Pour le président de la République, l'accord trouvé le 9 décembre à Bruxelles entre presque tous les dirigeants européens constitue un premier pas vers la sortie de crise. 

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Nicolas Sarkozy prend la parole à l'occasion du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens qui s'est tenu le 9 décembre à Bruxelles.  (ERIC FEFERBERG/AFP)

Dans un entretien publié lundi 12 décembre par le quotidien Le Monde, le président de la République Nicolas Sarkozy a assuré le service après-vente de l'accord obtenu le 9 décembre à Bruxelles en vue d'un nouveau traité intergouvernemental. Le chef de l'Etat s'y félicite d'avoir renforcé l'euro sans avoir sacrifié la souveraineté des Etats. 

"C'est une autre Europe qui est en train de naître, a-t-il annoncé au quotidien du soir, celle de la zone euro, où les maîtres mots seront la convergence des économies, des règles budgétaires, de la fiscalité." 

Des engagements pour préserver le triple A 

Mesuré mais optimiste, Nicolas Sarkozy a notamment changé d'approche vis-à-vis des agences de notations qui menacent de dégrader la note des pays de la zone euro. Lui qui disait début décembre "si nous perdons le triple A, je suis mort", rapporte Le Télégramme, estime aujourd'hui qu'une éventuelle dégradation de la note française constituerait "une difficulté de plus, mais pas insurmontable".

"Si elles devaient nous le retirer, nous affronterions cette situation avec sang froid [...] Ce qui compte avant tout, c'est la crédibilité de notre politique économique et notre stratégie déterminée de réduction de nos dépenses", a-t-il ajouté.

"Nous respecterons scrupuleusement les engagements pris" en matière de réduction des déficits, a donc insisté Nicolas Sarkozy.

Une zone euro consolidée

Les Européens se sont mis d'accord vendredi pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro face à la crise de la dette. Outre le Royaume-Uni, la totalité des pays de l'Union européenne ont accepté à cette fin de négocier et ratifier un traité intergouvernemental ou de consulter leur Parlement à cet effet. Si le président français se garde bien de dire que la monnaie unique est hors de danger, il assure qu'"ils [les chefs d'Etat et de gouvernement] ont fait tout ce qu'il était possible de faire". Et en particulier, "réparer en pleine crise les insuffisances de l'euro au moment de sa création".

"L'euro est le cœur de l'Europe. S'il explose, l'Europe n'y résistera pas", a rappelé Nicolas Sarkozy. La crise de confiance et de crédibilité de l'euro faisait donc peser un risque sur la pérennité de l'Union européenne."

Le maintien de la souveraineté 

"Ce sommet marque une étape décisive vers l'intégration européenne. A ce titre, il crée les conditions du rebond et de la sortie de crise", a jugé le chef de l'Etat. Et ce sans abandon de souveraineté, a-t-il expliqué, répondant à ses détracteurs qui l'accuse de s'être plié aux exigences d'Angela Merkel. "On ne délèguera pas à d'autres notre souveraineté économique", a-t-il assuré au quotidien.

"Pas un seul domaine nouveau de compétences ne sera transféré à une quelconque autorité supranationale", a insisté Nicolas Sarkozy, faisant valoir que la chancelière allemande n'était pas parvenue à imposer un contrôle des Etats par la Cour de justice de l'Union européenne. Cette dernière "n'en a pas les compétences, mais j'ajoute, de surcroît, qu'elle n'a pas non plus la légitimité pour annuler un budget qui aurait été voté par un Parlement souverain".

Le chef de l'Etat demande par ailleurs à ses détracteurs "ce qu'ils proposent comme stratégie alternative." Quelques heures plus tôt, son principal rival à l'élection présidentielle de 2012, le socialiste François Hollande, a fait savoir qu'il renégociera l'accord du 9 décembre s'il est élu président.

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