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Les entreprises que veut sauver Nicolas Sarkozy

Le président candidat multiplie les déclarations pour exprimer sa volonté de voler au secours des entreprises en difficulté. FTVi fait la liste des usines qu'il s'est engagé à sauver. 

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France Télévisions
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Le président Nicolas Sarkozy et la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet lors de leur visite de l'usine Photowatt à Bourgoin-Jallieu (Isère), le 14 février 2012. (PHILIPPE WOJAZER / POOL)

En campagne pour sa réélection, le président de la République multiplie les déclarations volontaristes sur les entreprises en difficulté. FTVi fait la liste des usines que Nicolas Sarkozy s'est engagé à sauver de la fermeture. 

• ArcelorMittal à Florange

A Florange (Moselle), l'usine d'ArcelorMittal abrite les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine, menacés de fermeture définitive. Le premier est à l'arrêt depuis juin 2011 et le second depuis octobre. La direction du géant de l'acier a beau répéter qu'il s'agit d'une mesure provisoire, la prolongation de la suspension de l'activité jusqu'au 30 juin fait craindre le pire aux salariés.

Mardi 21 février, Nicolas Sarkozy s'est voulu rassurant : "Moi, je ne veux pas que Florange meure. Bien sûr, il y a la crise, moins de demande d'acier, mais on fera tout pour que Florange rouvre."

Une déclaration qui rappelle de mauvais souvenirs aux ouvriers de la région. A Gandrange, le 4 février 2008, Nicolas Sarkozy s'était engagé à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie Mittal en activité. Elle a fermée définitivement le 31 mars 2009. 

• Photowatt en Isère

L'entreprise est pionnière dans l'énergie solaire mais doit faire face à de graves difficultés. Placé en redressement judiciaire début novembre, Photowatt était à deux doigts de fermer boutique et de licencier ses 430 employés jusqu'à l'arrivée de Nicolas Sarkozy le 14 février. Le chef de l'Etat dévoile aux salariés de la société l'offre de reprise formulée par EDF. Il confirme que le gouvernement a bien demandé au groupe de faire une proposition. 

"Tous les emplois de Photowatt seront conservés. Votre entreprise est sauvée", a ainsi promis le chef de l'Etat, ajoutant : "Nous ne voulons pas que la filière photovoltaïque disparaisse en France."

• Lejaby à Yssingeaux

A Yssingeaux (Haute-Loire), l'usine de lingerie Lejaby était menacée de délocalisation. Le repreneur choisi le 18 janvier par le tribunal de commerce de Lyon projettait de reprendre 195 employés sur 450, et de fermer la dernière usine du secteur dans l'Hexagone, préférant sous-traiter la production en Tunisie.

Conscient de l'impact d'une fermeture à trois mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est emparé du sujet. "Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby", a-t-il promis dimanche 29 janvier. "Je ne serai pas M. Jospin face à Vilvoorde : on n'y peut rien", a-t-il ajouté, en référence à l'aveu d'impuissance de l'ancien Premier ministre après la fermeture du site de Renault.

Le 1er février, un nouveau repreneur, le maroquinier Vincent Rabérin, était présenté aux salariés de l'usine. Les 93 employés de l'atelier pourront conserver leurs emplois. Mais le sort des autres salariés du groupe Lejaby n'est pas encore scellé. Quelque 162 salariés sont donc menacés de licenciement, notamment au siège de Rillieux-la-Pape (Rhône).

• SeaFrance dans le Pas-de-Calais

La compagnie de ferries SeaFrance est une filiale lourdement déficitaire de la SNCF. Fin 2011, elle employait 880 personnes en CDI avant d'être été placée en liquidation le 16 novembre avec poursuite de l'activité jusqu'au 28 janvier. Quelque 700 emplois avaient déjà été supprimés en 2010.

D'abord réticent, le chef de l'Etat décide de soutenir le projet de reprise porté par la CFDT de la compagnie de ferries SeaFrance. "Quand il y a une chance de sauver une entreprise, c'est le devoir du président de la République de s'y impliquer, je ne crois pas à la fatalité, a-t-il déclaré à Lanvéoc-Poulmic (Finistère) le 3 janvier 2012. Je ne renoncerai jamais."

France 2
 

Problème, la société coopérative (Scop) constituée par les salariés de l'entreprise rejette par la suite, dans une lettre ouverte, la solution proposée par le chef de l'État. Après la décision du tribunal de commerce de Paris de prononcer la liquidation définitive de la compagnie, Nicolas Sarkozy, alors en visite à Berlin, n'abandonne pas et promet qu'il "y aura une solution crédible (...) pour tous les salariés" de l'entreprise.

Francetv info


Pourtant, le 25 janvier dernier, 510 lettres de licenciement ont été envoyées aux salariés. Jusqu'à présent, 15 employés de la compagnie de ferries ont été reclassés au sein de sa maison mère SNCF. Quelque 150 salariés sont considérés comme protégés (titulaires d'un mandat syndical par exemple) et bénéficient d'une procédure de licenciement spécifique, plus longue. Cent cinquante autres sont maintenus à leur poste dans le cadre de la procédure de liquidation.

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