Législatives : avec une dose de proportionnelle, le FN aurait 17 sièges

FTVi a simulé la composition de la nouvelle Assemblée nationale en cas de vote avec une dose de proportionnelle concernant 100 députés sur 577.

La présidente du Front national Marine Le Pen au soir du second tour des élections législatives le 17 juin 2012 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
La présidente du Front national Marine Le Pen au soir du second tour des élections législatives le 17 juin 2012 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). (DENIS CHARLET / AFP)

C'était l'un des engagements de campagne de François Hollande. Dans un entretien au Parisien, le candidat avait dit envisager que 15% des députés – une centaine – soient élus à la proportionnelle.

FTVi a simulé ce à quoi aurait pu ressembler une Assemblée élue avec une dose de proportionnelle, comme cela devrait être le cas en 2017 (sauf improbable dissolution de l'Assemblée). Les modalités de la future réforme n'étant pas encore connues, nous avons pris l'hypothèse de 100 députés sur 577 élus à la proportionnelle dans une circonscription nationale. Les 477 autres seraient élus au scrutin majoritaire, comme aujourd'hui, ce qui nécessiterait un nouveau redécoupage électoral après celui réalisé en 2010. Dans cette hypothèse, les électeurs disposeraient donc de deux bulletins de vote : le premier pour élire le député de leur circonscription, le second pour désigner la liste de leur choix dans le cadre du scrutin proportionnel.

Un grand gagnant : le Front national

Sur la base des résultats du premier tour des législatives, les 100 députés élus à la proportionnelle se répartiraient, selon nos calculs*, comme suit : 36 pour le PS, 33 pour l'UMP, 17 pour le FN, 8 pour le Front de gauche et 6 pour EELV. Les listes ayant obtenu moins de 5% des suffrages seraient éliminées. Cela concernerait notamment le Parti radical de gauche, le MoDem, le Nouveau Centre ou le Parti radical.

Concernant la couleur politique des 477 autres députés, tout dépendra du redécoupage qui sera effectué. Difficile de savoir, à cette date, quels partis pourraient en profiter ou en pâtir. Nous avons donc choisi de réduire proportionnellement le nombre de sièges obtenus par chacun des partis.

Au final, si ce système avait été mis en place lors des scrutins des 10 et 17 juin, l'UMP, les différentes composantes du centre et les radicaux de gauche auraient perdu une poignée de sièges. Le PS et ses alliés proches en auraient perdu une quinzaine, passant sous la barre des 289 sièges, seuil de la majorité absolue. Le grand bénéficiaire aurait été le Front national (+ 16 sièges) et, dans une moindre mesure, le Front de gauche et les Verts. 

 

Cette simulation doit être prise avec précaution. Si ce mode de scrutin était finalement retenu, les électeurs pourraient faire preuve d'un comportement électoral sensiblement différent. Par exemple, voter "utile" pour désigner leur député, et voter avec leur coeur pour le scrutin à la proportionnelle. Ce qui pourrait profiter davantage aux petits partis. 

En revanche, en cas d'instauration d'une dose de proportionnelle, les grands partis seront certainement tentés de ne pas nouer d'accords électoraux avec leurs alliés. Les écologistes auraient le plus à perdre de cette situation. Dans notre simulation, ils obtiennent 16 de leurs 22 sièges grâce au scrutin majoritaire, dans le cadre d'un accord avec le Parti socialiste.

Reste à faire adopter ce nouveau mode de scrutin, qui nécessite le vote d'une loi organique par l'Assemblée nationale et le Sénat. Malgré l'engagement de Nicolas Sarkozy durant la campagne, de nombreux députés UMP, dont Jean-François Copé, y sont farouchement opposés. Quant aux députés socialistes, certains pourraient se montrer quelque peu réticents. Surtout si leur circonscription est supprimée...

*Mode de scrutin retenu : scrutin de liste proportionnel à la plus forte moyenne sur la France entière.