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Le général Germanos a été condamné mardi soir à dix mois de prison avec sursis pour détention d'images pédophiles

Jugé pour "détention d'images pédopornographiques", le général Raymond Germanos, âgé de 69 ans, a reconnu les faits devant le tribunal, assurant qu'il s'agissait d'une infraction purement intellectuelle et qu'il n'avait jamais eu de rapports sexuels avec des enfants.Le tribunal n'a pas suivi le parquet qui demandait un an avec sursis.
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Le général d'armée Germanos (5 étoiles) arrive accompagné de ses avocats au tribunal correctionnel de Paris

Jugé pour "détention d'images pédopornographiques", le général Raymond Germanos, âgé de 69 ans, a reconnu les faits devant le tribunal, assurant qu'il s'agissait d'une infraction purement intellectuelle et qu'il n'avait jamais eu de rapports sexuels avec des enfants.

Le tribunal n'a pas suivi le parquet qui demandait un an avec sursis.

Des images "parmi les plus hard" que le tribunal ait eu à connaître
Ce général cinq étoiles - plus haut grade dans l'armée française - était jugé devant le tribunal correctionnel de Paris. Ancien chef du cabinet militaire des ministres Charles Millon et Alain Richard, il était accusé d'avoir détenu des photos et vidéos mettant en scène des enfants âgés de six mois à 12 ans.
"Suite à une perquisition à votre domicile, les policiers ont découvert plus de 3.000 images pédo-pornographiques sur le disque dur de votre ordinateur et sur une clé USB", a rappelé la présidente, Marie-Françoise Guidolin.

Ces images, "parmi les plus hard que le tribunal ait eu à connaître", mettent en scène "des enfants extrêmement jeunes" subissant "des actes inqualifiables", a-t-elle dit.

"Je regrette profondément", a déclaré l'ancien directeur de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), reconnaissant "la consultation", mais "pas la détention" de ces images. "Dès que je les avais regardées, je les effaçais", a-t-il affirmé. "Ma compagne comme ma petite-fille utilisaient cet ordinateur".
Les photos et vidéos ont cependant été retrouvées par les experts en informatique de la police.

Le général invoque des raisons médicales
Le téléchargement est intervenu pendant "une période extrêmement perturbée pour moi à cause de problèmes médicaux", a ajouté l'officier diplômé de Saint-Cyr. La "fin 2005" correspond avec "le moment où ma tumeur s'est beaucoup développée. Jusque-là, je n'ai eu aucune déviance de ce côté".

Le militaire, qui a été opéré à deux reprises, en 1981 puis 2006, d'une tumeur au cerveau, a fait citer comme témoin son neuro-chirurgien, Michel Desgeorges.

"On a tous, hommes ou femmes, nos fantasmes, nos pulsions", a déclaré ce dernier. "Une tumeur peut faire sauter les freins" du cerveau qui les empêchent normalement d'émerger.

Le général Germanos, qui a dit n'avoir "jamais eu de rapports sexuels avec un mineur", a également cherché à minimiser sa responsabilité en affirmant n'avoir "pas recherché systématiquement des enfants en bas âge" sur les sites internet.

Il s'est produit selon lui "un phénomène d'aspiration", ainsi qu'"un phénomène de classement par Windows, automatiquement". "Ceci explique aussi le nombre de ces photos", a-t-il avancé.

"Je n'ai pas noté votre compassion, votre empathie. Vous êtes venus nous parler de vous", a regretté Me Christine Maze, avocate de La Mouette, une des trois associations de protection de l'enfance qui se sont portées parties civiles.

Le procureur, Sophie Havard, a requis un an de prison avec sursis "au vu de l'absence d'antécédents", ainsi qu'une "obligation de soins".

Les policiers français avertis par Interpol
Ancien chef du Service d'information et de relations publiques des armées (Sirpa), le général Germanos a été renvoyé en correctionnelle le 9 octobre par la juge d'instruction Géraldine Rigollot pour "détention d'images pédo-pornographiques", délit passible d'une peine de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

Les policiers français avaient été alertés en 2006 via Interpol par leurs homologues autrichiens qui étaient parvenus à identifier l'adresse internet du général, sur laquelle avaient été importées des vidéos à caractère pédophile depuis un site autrichien.

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