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Kerviel, Lassalle... La marche comme dernier recours

L'ancien trader a décidé de rallier Paris depuis Rome à pieds pour contester son sort judiciaire dans l'affaire de la Société générale. Avant lui, d'autres ont également décidé de marcher pour faire valoir leur cause. 

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France Télévisions
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Le député MoDem Jean Lassalle marche près de Corcelles-en-Beaujolais (Rhône) le 9 août 2013.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Attiré "par le néant", il marche, pour ne pas tomber dedans. L'ancien trader Jérôme Kerviel, condamné à trois ans de prison pour avoir fait perdre plusieurs milliards d'euros à la Société générale, a entamé une marche entre Rome et Paris, lundi 24 février, après avoir rencontré le pape François. Avant lui, d'autres ont choisi la marche comme dernier recours, pour défendre des idées ou une cause en particulier. Francetv info passe en revue ces manifestants solitaires et itinérants.  

Jérôme Kerviel, ex-trader : marcher contre "la tyrannie des marchés"

"Déçu" par la justice des hommes, Jérôme Kerviel s'est tourné vers la justice divine et a écrit au pape, qui a accepté de le rencontrer. C'est après cet entretien, pendant lequel ils ont discuté de la "tyrannie des marchés" selon 20 Minutes, que l'ex-trader a décidé de rentrer à pieds à Paris. 

"Il n'a pas prévu d'être là" le 19 mars, jour du rendu de la décision de la Cour de cassation concernant son pourvoi, a fait savoir son avocat David Koubbi. Condamné en première instance et en appel à la même peine de cinq ans de prison, dont trois ferme, et à un montant record de 4,91 milliards d'euros de dommages et intérêts, Jérôme Kerviel risque l'incarcération à bref délai en cas de rejet du pourvoi. 

"Les épreuves qu'il m'est désormais imposé d'affronter sont trop énormes pour que je puisse envisager de les surmonter", a-t-il écrit au pape François. La marche va-t-elle le détourner de la perspective d'une "solution radicale qui grandit en [lui]? Le trentenaire devrait passer environ deux mois sur la route. 

Jean Lassalle, élu MoDem : marcher pour réveiller les consciences

L'élu MoDem craignait un "problème grave à très court terme pour notre pays" et ressentait l'envie d'un "combat non-violent" pour réveiller les consciences. A 58 ans, le député-maire s'est donc lancé, le 10 avril 2013, dans une longue marche à la rencontre des Français, pour "redonner la parole aux silencieux". Pendant 5 000 km, il a sillonné le pays et a accumulé des milliers de témoignages. 

Jean Lassalle a fêté symboliquement son retour à Paris, le 14 décembre, en regagnant l'Assemblée nationale.

Née du constat que "le président Hollande n'arriverait pas davantage à trouver les clés du camion que son prédécesseur", son action doit à présent déboucher sur une synthèse des témoignages accumulés. Elle devait être remise en début d'année à François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Claudine Leroy, locataire : marcher pour éviter l'expulsion de sa maison 

En novembre dernier, Claudine Leroy, 56 ans, entame une marche de 110 km à pied entre Souvinargues et Nîmes (Gard). "C'est la seule solution qu'elle a trouvée pour essayer d'acheter la maison qu'elle loue depuis 23 ans", écrit Le Parisien. Sa propriétaire l'a mise en vente en juin 2011. La quinquagnéaire a alors lancé un appel aux dons, partant du principe que si chacun lui donnait un euro, elle pourrait recueillir la somme manquante. Mais faute d'avoir récolté l'argent nécessaire (140 000 euros), elle a pris la route. 

Si Claudine Leroy n'arpente plus les routes du midi, elle continue sa mobilisation, via un site internet et une page Facebook. A ce jour, elle a récolté près de 100 000 euros. 

Jean-Dominique Barraud, maire UDI : marcher contre un projet d'Areva

Le dimanche 9 février, revêtu de son écharpe d'édile et armé d'un bâton, Jean-Dominique Barraud (UDI) s'est élancé à pieds vers Paris. Le maire de Lavoine (Allier) entend parcourir 370 km pour protester contre un projet d'Areva dans la commune limitrophe de Saint-Priest-la-Prugne. Le groupe veut réaménager l'ancienne mine d'uranium des Bois Noirs. Comme le rapporte France 3 Auvergne, l'élu craint que l'opération n'engendre des risques pour l'environnement et la santé de ses concitoyens.

Selon Le Parisien, Areva affirme que toutes les mesures seront prises pour garantir la sécurité des populations et des animaux. Il n'empêche. Jean-Dominique Barraud compte bien aller frapper directement aux portes des ministres, ceux de la Santé et du Redressement Productif, et si possible être reçu par les groupes parlementaires à l'Assemblée nationale. Nos confrères de France 3 l'ont rencontré :  

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