Migrants à Calais : le ras-le-bol est général

Depuis quelques jours la tension est palpable à Calais (Pas-de-Calais) où chaque nuit des affrontements éclatent entre réfugiés et forces de l'ordre. Les riverains sont excédés.

FRANCE 2

Après deux nuits d'affrontements très violents entre des petits groupes de migrants et les forces de l'ordre, le quartier qui borde la jungle s'attendait à une nouvelle nuit de violences. Mais les renforts policiers ont été dissuasifs. Alors par petits groupes, les migrants tentent de contourner les barrages de police pour rejoindre l'autoroute juste derrière, et tenter de monter dans les camions, mais les riverains s'interposent. C'est la première fois qu'ils s'en prennent aux propriétés privées. Une escalade de violences que les riverains ne comprennent pas. "Ça s'est dégradé en une semaine", note une habitante au micro de France 2.

Autosuffisant

Comme chaque nuit, on trouve des groupes qui gravitent autour de la jungle. Hier, des Calaisiens qui se disent apolitiques sont venus crier leur ras-le-bol. Bilan de la nuit : des jets de pierres, un début d'incendie vite maîtrisé dans le camp, mais pas de blessés. Certains expliquent cette violence par l'exaspération de ne plus pourvoir rallier l'Angleterre. Dans la jungle de Calais, il y aurait aujourd'hui 4 500 migrants selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Et malgré les dernières opérations d'éloignement, de nouveaux arrivent encore tous les jours. Avec ses commerces, ses restaurants, ses églises, le plus grand bidonville d'Europe commence à devenir autosuffisant, un risque pour les autorités

Des migrants près d\'un car de CRS à Calais, le 10 novembre 2015.
Des migrants près d'un car de CRS à Calais, le 10 novembre 2015. (DENIS CHARLET / AFP)