De 8 mois à 5 ans de prison avec sursis demandées contre les 5 personnes soupçonnées de l'avoir aider durant sa cavale

A l'issue de 2 heures de réquisitoire, le procureur a demandé au tribunal correctionnel de Paris 4 ans de prison avec sursis et 5 ans de privation de droits civiques à l'encontre de Patricia Gattaceca.Les avocats des soutiens présumés à la cavale d'Yvan Colonna ont dénoncé vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris un procès "politique"

Le fils du chef nationaliste Edmond Simeoni, Marc Simeoni arrive le 19 mai 2010 au tribunal correctionnel de Paris
Le fils du chef nationaliste Edmond Simeoni, Marc Simeoni arrive le 19 mai 2010 au tribunal correctionnel de Paris (AFP - Olivier Laban-Mattei)

A l'issue de 2 heures de réquisitoire, le procureur a demandé au tribunal correctionnel de Paris 4 ans de prison avec sursis et 5 ans de privation de droits civiques à l'encontre de Patricia Gattaceca.

Les avocats des soutiens présumés à la cavale d'Yvan Colonna ont dénoncé vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris un procès "politique"

Jeudi, le procureur avait qualifié les prévenus de "petites mains sales", intervenant dans un "réseau structuré" d'aide à Yvan Colonna. Requérant des peines de huit mois à cinq ans avec sursis contre les cinq soutiens présumés, il avait également stigmatisé "le discours d'exclusion" de la chanteuse corse Patrizia Gattacceca vis-à-vis des continentaux.

"Ces réquisitions disproportionnées" sont "des réquisitions de vengeance", "d'outrance", a plaidé le second avocat d'André Colonna d'Istria, Me Alexandre Albin, stigmatisant les termes "méprisants" de quelqu'un qui "n'a rien compris à la Corse ".

Me José Martini, qui défend Patrizia Gattacceca et Marc Simeoni, a déclaré de son côté : "pour moi, ce n'est pas un réquisitoire, c'est un discours d'exclusion. Ce discours qu'il prête aux prévenus, il s'y est livré lui-même, sans mesure, de manière attentatoire à la dignité des prévenus".

Concernant Marc Simeoni, le seul à nier toute implication en dépit de preuves accablantes, "il est d'une totale bonne foi", a défendu Me Martini.

C'est également une relaxe qu'ont plaidé les avocats de Claude Serreri, le beau-frère de Colonna, et de Frédéric Paoli, qui a hébergé quelques mois Colonna dans sa bergerie d'Olmeto. Concernant Patrizia Gattacceca, Me Martini s'est dit "terrifié" du "fossé d'incompréhension entre les hommes". "Quand on peint un artiste au tribunal, on le peint de profil. Vous ne l'avez pas regardé de face, M. le procureur", a-t-il déploré.

Ce fut ensuite au tour des avocats de Colonna, Mes Pascal Garbarini et Antoine Sollacaro, de monter à l'assaut. Du tribunal, Me Sollacaro a fait durant une heure et demie une tribune politique, dénonçant une "justice nauséabonde" qui a "sacrifié Yvan Colonna sur l'autel de la raison d'Etat".