Corse : les détenus au cœur du débat

Les nationalistes corses appellent à une grande manifestation samedi 3 février à Ajaccio. Parmi les revendications, sources de tension, le rapprochement de prisonniers corses afin qu’ils purgent leur peine sur l’île. 

FRANCE 2

Les photos de son époux, Marie-Madeleine les contemple dans sa maison d’Ajaccio. À 52 ans, son mari est incarcéré sur le continent après l’attaque contre une gendarmerie en Corse. Alors tous les mois, Marie-Madeleine s’envole pour Meaux (Seine-et-Marne), à 900 km. Quelques heures au parloir, un voyage onéreux. "J’ai réussi à trouver un petit hôtel pas très loin de la maison d’arrêt avec des prix corrects, donc il faut compter à peu près entre 80 et 100 euros quand même la nuit", explique-t-elle. Un budget global de 700 ou 800 euros par voyage. "1 000 lorsque mon fils part avec moi".

Une étude au cas par cas préconisée

Son mari attend son procès pour un attentat qui n’a pas fait de victime. Un acte terroriste, dit la loi, mais son épouse y voit surtout un geste politique : "C’est un prisonnier politique parce que les faits qu’on lui reproche, ce sont des actes politiques. On lui reproche un tir de roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie représente l’État, donc voilà", estime-t-elle. Huit détenus corses qui se disent politiques se trouvent loin de leur île. Leur rapatriement est possible s’ils ne sont pas jugés dangereux. Jacqueline Gourault, au nom du gouvernement, préconise une étude au cas par cas. C’est ce que promettait aussi François Hollande.

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Le président de l\'exécutif corse, Gilles Simeoni, le 24 janvier 2018 à Paris.
Le président de l'exécutif corse, Gilles Simeoni, le 24 janvier 2018 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)