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La passation de pouvoirs entre Sarkozy et Hollande aura lieu le 15 mai

Sommets internationaux, élections législatives, dossiers en attente... François Hollande ne profitera guère de "l'état de grâce" qui accompagne son entrée à l'Elysée.

Article rédigé par franceinfo
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François Hollande à Tulle (Corrèze), le 6 mai 2012. (FRED DUFOUR / AFP)

L'agenda du président de la République élu dimanche 6 mai est déjà bien rempli. Entre les promesses à tenir, les élections législatives et les rendez-vous internationaux, François Hollande n'est pas près de prendre des vacances. La passation de pouvoirs entre Nicolas Sarkozy et François Hollande aura lieu le 15 mai, a-t-on appris lundi 7 mai dans la matinée. Les deux hommes ont fixé la date d'un commun accord. 

Avant même son investiture, François Hollande aura "à préparer un certain nombre de sujets". Le candidat socialiste citait avant son élection, sur BFMTV"la relation avec l'Allemagne, des sommets à préparer, celui de Chicago sur l'Otan, qui m'amènera à encore confirmer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan".

• Avant la passation de pouvoirs

Ce sera son premier acte de président élu, le seul qu'il entend inscrire dans la continuité de Nicolas Sarkozy. François Hollande devait avoir un échange avec la chancelière allemande, Angela Merkel, dès dimanche soir. Le socialiste veut revoir le traité de stabilité budgétaire, la chancelière allemande s'y oppose mais elle est prête à y ajouter un volet "croissance"Mardi, le président élu participera aux cérémonies du 8-mai, comme le lui a proposé Nicolas Sarkozy. 

Pour le reste, Hollande veut s'inscrire à l'opposé de Sarkozy. Pas question, dès lors, de partir en vacances sur un yacht. Lundi, "je serai déjà au travail", a déclaré François Hollande, qui pourrait s'inspirer des premiers jours du mandat de François Mitterrand. Ce qu'il a confirmé en arrivant à son QG. 

Hollande arrive à son QG : "Le programme du jour c'est le travail" (Francetv info)

François Hollande, lui, a confié la préparation des cent premiers jours de son mandat à Laurent Fabius. L'ancien Premier ministre aurait façonné cette phase symbolique "à la demi-journée près", en distinguant deux périodes : l'avant et l'après-législatives.

• Jusqu'aux législatives des 10 et 17 juin

Un gouvernement à composer. Une fois Nicolas Sarkozy raccompagné sur le perron de l'Elysée, François Hollande nommera son Premier ministre et formera son gouvernement. Le premier Conseil des ministres pourrait donc se tenir dès le 16 mai. Et la nouvelle équipe devra immédiatement gérer des dossiers emblématiques qui n'ont pas été réglés pendant la campagne (le site PSA d'Aulnay-sous-Bois, Petroplus à Petit-Couronne...). 

Des élections à préparer. François Hollande ne s'attellera pas lui-même aux législatives, car "dans nos institutions, le chef de la majorité, c'est le Premier ministre", a-t-il déclaré sur Canal+ le 4 avril. C'est donc le Premier ministre qui fera campagne, mais François Hollande ne l'a pas encore désigné. En attendant, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déjà contacté Jean-Luc Mélenchon en vue de négocier un accord concernant les 353 circonscriptions où le Front national pourrait se maintenir, si on se fie aux résultats du premier tour. Il s'agit de faire barrage au parti de Marine Le Pen.

Des engagements à tenir. En attendant les résultats des législatives, le 17 juin, qui donneront ou non au président la majorité à l'Assemblée, "des changements concrets seront décidés", a annoncé Laurent Fabius dans un entretien aux Inrockuptibles. Il a notamment évoqué "l’amélioration de la retraite pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans". Selon la "timeline" de "l'agenda du changement", mise en ligne sur le site du Parti socialiste, d'autres mesures, qui n'ont pas besoin de passer devant le Parlement, seront rapidement prises : la réduction de 30% de la rémunération du président et des membres du gouvernement ; la hausse de l'allocation de rentrée scolaire ; le blocage des prix des carburants ; une aide au logement pour les jeunes. 

Des avions à prendre. Très vite, le président de la République devra s'envoler vers les Etats-Unis. L'agenda international des semaines à venir est particulièrement chargé. François Hollande a assuré que sa première visite à l'étranger serait pour Berlin, où la chancelière Angela Merkel ne l'a encore jamais reçu. Mais quand ?

- G8 Les 18 et 19 mai, il est attendu à Camp David, aux Etats-Unis, pour le sommet du G8. En présence de dirigeants africains, les discussions devraient porter sur la sécurité alimentaire du continent durement frappé par la famine, notamment au Sahel et dans la Corne de l'Afrique. Si François Hollande n'a pas de "passé africain", selon Slate Afrique, il a déjà préparé ses dossiers en s'entourant d'une équipe de spécialistes.

- Afghanistan Pas le temps de rentrer à Paris, un sommet de l'Otan est prévu les 20 et 21 mai à Chicago. Là, un véritable bras de fer diplomatique attend François Hollande, qui a l'intention d'annoncer à ses partenaires le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan. Il l'a fixé à la fin 2012, alors que Nicolas Sarkozy le prévoyait un an plus tard.

- Union européenne Une rencontre informelle des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pourrait ensuite se tenir autour du 31 mai, selon l'entourage de François Hollande. Il s'agira d'ébaucher une stratégie de croissance pour faire redémarrer l'économie de l'Union. Un dossier sur lequel François Hollande et Angela Merkel risquent d'avoir du mal à s'accorder.

Un chômage qui bat toujours des records.  Les chiffres du chômage pour le mois d'avril seront annoncés le 30 mai. Il ne devrait pas y avoir d'amélioration par rapport aux mois précédents. L'Insee prévoit un taux de chômage à 9,7% de la population active fin juin, selon le JDD. Ces chiffres du chômage placeront l'emploi au cœur du mandat du nouveau président. Celui-ci devra aussi faire face aux suppressions de postes qui pourraient intervenir dans les mois suivants l'élection, à Carrefour, à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou encore dans le secteur bancaire et de l'électronique.

• Après les législatives

G20 Au lendemain du second tour des élections législatives, François Hollande traversera à nouveau l'Atlantique pour se rendre au Mexique les 18 et 19 juin. Pas pour des vacances à Cancun, mais pour le sommet du G20 à Los Cabos. En présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, les Etats membres discuteront de l'augmentation des ressources du FMI, de la contribution des Etats-Unis, et plus généralement du rééquilibrage de l'économie mondiale.

"Rio+20Du 20 au 22 juin, cap sur le Brésil pour la conférence des Nations unies sur le développement durable, vingt ans après le premier sommet de la Terre de Rio. Ce marathon international de début de mandat durera au moins jusqu'au Conseil européen des 28 et 29 juin.

Retour au calme fin juin ? Certainement pas, d'après Laurent Fabius, qui a "dit en plaisantant aux candidats parlementaires qu’il ne fallait pas trop faire de projets de vacances".

Réunion avec les partenaires sociaux Justement, avant de partir en vacances, François Hollande devra à nouveau s'atteler aux problématiques économiques et sociales. Il a promis un sommet social à la mi-juillet sur la revalorisation du Smic. Ce rendez-vous devrait en fait durer deux semaines, selon le JDD. Il s'agirait d'une "sorte de big bang social, jamais tenté en France", précise l'hebdomadaire. L'emploi, le pouvoir d'achat, la protection sociale seraient abordés au cours de cette réunion, menée sous l'égide de Matignon. D'après le JDD, la perspective de la tenue de ce sommet social expliquerait l'appel de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, à battre Nicolas Sarkozy au second tour.

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