Meurtre de Londres : la victime identifiée, deux complices présumés arrêtés

Au lendemain de l'attaque mortelle contre un militaire britannique à Londres, l'enquête progresse.

La police mène ses investigations à Greenwich, un quartier de Londres, le 23 mai 2013.
La police mène ses investigations à Greenwich, un quartier de Londres, le 23 mai 2013. (CARL COURT / AFP)

Les questions sont encore nombreuses, mais les circonstances du meurtre terroriste de Londres, mercredi 23 mai, s'éclaircissent. Le ministère britannique de la Défense  a dévoilé, jeudi, l'identité de la victime : il s'agit d'un militaire qui a servi en Afghanistan. Dans les même temps, deux personnes ont été arrêtées pour complicité, tandis que les deux agresseurs présumés sont toujours hospitalisés. Francetv info revient sur les derniers éléments de l'enquête.

L'identité de la victime dévoilée

Le soldat britannique poignardé à mort mercredi est Lee Rigby, 25 ans, père d'un garçon de deux ans. Entré dans l'armée en 2006, il a servi en Afghanistan en 2009. Il faisait partie du second bataillon du régiment royal des fusiliers. "Batteur expérimenté et talentueux (dans une fanfare) et artilleur, il était un vrai guerrier et a servi avec distinction en Afghanistan, en Allemagne et à Chypre", a indiqué le lieutenant-colonel Jim Taylor.

Photo de Lee Rigby diffusée par le ministère de la Défense britannique.
Photo de Lee Rigby diffusée par le ministère de la Défense britannique. (AFP PHOTO / CROWN COPYRIGHT / MOD 2013 / HO / MINISTRY OF DEFENCE)

 

Originaire de Manchester (nord de l'Angleterre), Lee Rigby était désormais basé à Londres, où il travaillait dans l'équipe de recrutement de l'armée. Lors de son assassinat, il n'était pas en uniforme et portait un T-shirt avec l'inscription "Help for heroes", nom d'une association caritative britannique d'aide aux anciens combattants d'Afghanistan et d'Irak.

Deux personnes arrêtées pour complicité 

Un homme et une femme âgés de 29 ans ont été interpellés jeudi pour complicité de meurtre. Ils étaient encore interrogés jeudi soir dans un commissariat de Londres, selon un communiqué de Scotland Yard. Ces deux suspects n'ont pas de lien de parenté avec les deux meurtriers, interpellés sur les lieux du drame mercredi.

Des perquisitions ont par ailleurs été effectuées à cinq adresses de la capitale et à une sixième à Lincoln, précisent les forces de l'ordre"Il s'agit d'une enquête vaste, complexe, qui évolue rapidement et qui continue à s'élargir. De nombreuses pistes sont suivies par des détectives et l'enquête avance bien", explique la police de Londres dans un communiqué.

Les tueurs sont des Britanniques

Des sources proches de l'enquête ont confirmé que les deux agresseurs étaient  des Britanniques d'origine nigériane. L'un des deux hommes, âgé de 28 ans, a été identifié par des proches comme étant Michael Adebolajo, né en Grande-Bretagne. La police a perquisitionné jeudi dans la demeure de sa famille, dans un village proche de Lincoln (à 250 km au nord de Londres), ainsi que dans d'autres maisons de la région. 

Les deux hommes sont des chrétiens convertis à l'islam, affirment les médias britanniques. Michael Adebolajo a été reconnu comme un "moudjahid" (combattant) par Anjem Choudary, chef du mouvement Al-Muhajiroun, un groupe islamiste interdit, lié au terrorisme international et basé en Angleterre. La BBC a dévoilé une vidéo de Michael Adebolajo participant à une manifestation islamiste au côté de Anjem Choudary en 2007.

Un journaliste de la chaîne britannique a diffusé une image tirée de cette vidéo sur Twitter : 

 

 

Le Premier ministre, David Cameron, a précisé que les deux suspects étaient connus des services de renseignement. De leur côté, les sources gouvernementales nigérianes ont fait état de l'absence de preuve de l'existence de liens entre les deux hommes et des organisations islamistes d'Afrique de l'Ouest.

L'ambiance restait pesante, jeudi à Londres, où 1200 policiers supplémentaires ont été déployés, notamment près des sites religieux, dans les transports en commun et à proximité des zones très fréquentées.