"Je ne me sens plus en sécurité" : à chaque nouvel attentat, les traumatismes reviennent pour les victimes du terrorisme à Nice

Quand un acte terroriste survient en France, l’anxiété et le sentiment d'insécurité ressurgissent pour les victimes des attentats. En particulier à Nice, où les victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 ont vu leur ville une nouvelle fois touchée par le terrorisme.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Devant la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, le 31 octobre 2020 (photo d'illustration). (VALERY HACHE / AFP)

L'assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, puis l'attentat de la basilique de Notre-Dame à Nice, à chaque fois que la barbarie frappe à nouveau, les plaies des victimes du terrorisme se rouvrent, notamment pour celles de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Un camion avait foncé dans la foule sur la promenade des Anglais, faisant 86 morts et plus de 400 blessés. Certaines de ces victimes sont venues se recueillir devant la basilique.

>> Assassinat de Samuel Paty : comment en parler à son enfant, avant l'hommage du 2 novembre dans les établissements scolaires ?

Le parvis de l’édifice religieux à Nice, vendredi 31 octobre, est recouvert de fleurs, de bougies, de messages. Jacques tire sur sa cigarette, les yeux embués. Il a perdu sa fille il y a quatre ans et était au travail quand il a appris ce nouvel attentat dans sa ville : "J’ai eu les jambes coupées. J’ai dû rester tout seul et me suis mis un peu à l’écart de tout le monde. Ça a été dur. Je suis obligé de surveiller autour de moi. Je ne me sens plus en sécurité."

"On se ment à nous-mêmes"

Ce sentiment d'insécurité, Hagere le connait par cœur. Sur la promenade des Anglais, elle a été frappée par le camion en se jetant sur sa fille de 4 ans pour la protéger. Et aujourd’hui encore, toutes les deux enchaînent les séances chez le psychiatre : "On se dit : 'ça s’est passé, maintenant il faut avancer, ça ne se passera plus. Regarde, il y a la sécurité, la police, les militaires…' Mais en fin de compte on se ment à nous-mêmes."

La première chose qu’a dit la petite quand elle a appris pour le professeur égorgé c’est : "Maman tu vois, en fait j’ai raison, il faut toujours faire attention. J’ai raison d’avoir peur et de ne pas vouloir sortir. En fait, les terroristes méchants sont toujours là."

Hagere, victime de l'attentat du 14 juillet 2016

L’anxiété, la colère, l’incompréhension, autant de sentiment qu’il va falloir à nouveau apaiser. Tout près de la basilique à Nice, l'association Montjoye, mandatée par le parquet national antiterroriste a pris en charge 4 000 victimes après 2016, 400 sont aujourd'hui encore suivies. "On a eu des appels des personnes que nous avons suivies ou que nous suivons encore à la suite de l’attentat du 14 juillet 2016, explique Cécile Thiriet, directrice du pole sociojudiciaire de l'association.

Cécile Thiriet explique que l'attentat à la basilique Notre-Dame à Nice "est venu réactiver pour eux des traumatismes, ainsi que la nécessité de pouvoir à nouveau en parler, d’essayer de mettre du sens et des mots sur ce qu’il venait de se passer. Il ne faut pas le nier, il est là l’impact." Comme en 2016, l'association Montjoye va remettre en place un guichet unique d'accueil des victimes à Nice.

Le traumatisme des victimes d'attentats à Nice : écoutez le reportage de Mathilde Vinceneux
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