Un mystérieux homme tourne le dos à Hollande pendant l'hommage national : "C'était légèrement inquiétant"

Aux Invalides, vendredi 27 novembre, une personne assise dans le carré des familles des 130 victimes s'est levée, a tourné le dos au chef de l'Etat et a bouché ses oreilles pendant "La Marseillaise".

Le président François Hollande photographié lors de la cérémonie d\'hommage national aux victimes des attentats de Paris, le 27 novembre aux Invalides.
Le président François Hollande photographié lors de la cérémonie d'hommage national aux victimes des attentats de Paris, le 27 novembre aux Invalides. (MAXPPP)

Les bras croisés, la tête baissée, une casquette sur la tête et un foulard semblable à un keffieh autour du cou, il se tient debout, immobile, silencieux. Vendredi 27 novembre, lors de la cérémonie d'hommage aux 130 victimes des attentats de Paris et Saint-Denis aux Invalides, un homme assis dans le carré des familles s'est levé pour tourner le dos à François Hollande lors de son discours.

Sa posture a été immortalisée sur une photo publiée notamment par Le Journal du dimanche. Mais impossible d'identifier l'homme. "Je crois que le placement était libre, les familles étaient à côté les unes des autres. Je pense que cette personne est venue exprès pour montrer son désaccord", raconte le photographe Gilles Bassignac, témoin de la scène, à francetv info. "Sur le coup, c'était légèrement inquiétant de voir une personne debout comme ça. Une attitude complètement opposée à l'esprit de la cérémonie", poursuit-il.

Une protestation silencieuse

Debout en surplomb des familles, les photographes accrédités pour l'évènement n'ont pas le droit de photographier en gros plan le visage des proches. Consigne de l'Elysée. "De toute façon, j'étais concentré sur François Hollande, les personnalités politiques", explique Alain Guilhot, un autre photographe présent à la cérémonie, contacté par francetv info. "C'est à la fin, quand j'ai essayé de prendre des clichés des proches, de photographier leur émotion, que je l'ai aperçu."

Seul à se lever au milieu de personnes restées assises, l'homme ne semble être accompagné par personne, souligne Alain Guilhot : "Je ne l'ai pas vu discuter avec d'autres personnes. J'imagine que si quelqu'un était venu avec lui, il se serait levé aussi." A la fin du discours de François Hollande, dès les premières notes de La Marseillaise, l'homme place alors ses mains sur ses oreilles pour ne pas entendre l'hymne, toujours en silence. "Je me suis vraiment demandé pourquoi il se tenait comme ça. On fait plein de suppositions, est-ce qu'il n'est pas content ? Est-ce qu'il veut rendre hommage ? Est-ce qu'il est contre l'état d'urgence ?" 

A la fin de la cérémonie, il allume une cigarette et part

Dans la cour d'honneur des Invalides, des dizaines de policiers surveillent les 2 000 invités présents, "impossible que les services de sécurité ne l'aient pas vu", raconte le photographe. "En même temps, il n'a rien fait de répréhensible et l'interpeller, c'était à coup sûr créer un incident, en direct à la télévision..."

A la fin de la cérémonie, les photographes doivent attendre le départ des invités avant de descendre de leur estrade. "J'ai essayé de le suivre du regard, de photographier au moins son visage, mais les proches sont partis par le côté opposé", remarque Gilles Bassignac. "Je l'ai juste vu allumer une cigarette et partir. Il faisait froid, son visage était couvert." Malgré la furtive apparition, le photographe pense qu'il s'agit d'un jeune homme "qui avait quelque chose à dire en silence. En tout cas, à aucun moment, il n'a levé la tête vers nous".