INFO FRANCE INTER. Salah Abdeslam est sorti de son silence devant un juge français

Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos terroristes du 13-Novembre, est sorti brièvement vendredi de son silence devant un juge français pour dédouaner l'un de ses amis, selon France Inter. 

Salah Abdeslam, lors de l\'ouverture de son procès à Bruxelles, le 5 février 2018.
Salah Abdeslam, lors de l'ouverture de son procès à Bruxelles, le 5 février 2018. (AFP)

Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos terroristes du 13-Novembre a répondu vendredi 9 mars pendant quelques minutes au juge d'instruction parisien, révèle France Inter. Il s'exprimait pour dédouaner l'un de ses amis. C'est la première fois que Salah Abdeslam brise le silence et accepte de parler à un juge français.

Droit au silence invoqué

Salah Abdeslam avait accepté d'être confronté à Ali Oulkadi, mis en examen pour lui avoir servi de chauffeur au lendemain des attentats. Dans le cabinet du juge, sans avocat, Salah Abdeslam a commencé par invoquer son droit au silence. Il avait eu le même comportement lors de son procès à Bruxelles, dans le cadre d'une autre affaire. Mais, alors qu'il n'avait jamais parlé au juge Christophe Teissier depuis son transfert en France en avril 2016 (sauf pour accepter d'être jugé en Belgique), la présence de son ami l'a finalement poussé à s'exprimer pendant quelques minutes. 

Salah Abdeslam a déclaré qu'il comprenait la situation d'Ali Oulkadi, mais qu'il ne pouvait rien pour lui et qu'il ne pouvait rien pour lui-même. Mais le détenu le plus surveillé de France a pourtant poursuivi et précisé qu'il n'avait jamais sollicité l'aide d'Oulkadi, et qu'il ne lui avait jamais téléphoné. Il a expliqué que le 14 novembre, sa photo n'était pas encore diffusée partout, et qu'Oulkadi ne "pouvait pas savoir" qu'il était devenu "l'ennemi numéro 1".

Salah Abdeslam confirme les déclarations d'Ali Oulkadi

L'enquête montre qu'Ali Oulkadi a été contacté par Hamza Attou, lui-même appelé, avec Mohammed Amri, par Salah Abdeslam le soir du 13 novembre pour qu'ils viennent le chercher à Paris. Le lendemain, une fois arrivés à Bruxelles, Oulkadi a pris en charge Salah Abdeslam pour le conduire jusqu'à l'appartement de la rue Bergé, où avaient été fabriquées les ceintures explosives.

Salah Abdeslam a aussi confirmé les déclarations d'Ali Oulkadi, qui affirme n'être jamais rentré dans cet appartement, même si une trace de son ADN a été retrouvé sur une fourchette. 

Ali Oulkadi a été mis en examen en juillet 2016 pour association de malfaiteurs en vue de commettre un attentat terroriste, et incarcéré à Maubeuge. Contrairement à ce qu'il a toujours affirmé, les juges d'instruction le soupçonnent d'avoir été au courant des agissements de Salah Abdeslam. Sur le trajet depuis Paris, celui-ci avait raconté à Amri et Attou qu'il voulait se faire exploser comme son frère Brahim (membre du commando des terrasses), mais que son gilet explosif n'avait pas fonctionné. Interrogé sur le fait de savoir si Ali Oulkadi n'avait donc joué aucun rôle dans les attentats, Salah Abdeslam s'est renfermé dans son silence.