Attentats de Paris : la mère d'un kamikaze dit ses regrets de n'avoir "rien vu" venir

Très émue, la mère de Bilal Hadfi, qui s'est fait exploser au Stade de France, a témoigné en direct sur la chaîne de télévision belge Maghreb TV.

Photo non datée du Français Bilal Hadfi, un des kamikazes qui s\'est fait exploser près du Stade de France vendredi 13 novembre 2015.
Photo non datée du Français Bilal Hadfi, un des kamikazes qui s'est fait exploser près du Stade de France vendredi 13 novembre 2015. (OFF / AFP)

"J'aurais dû être plus à l'écoute de mon fils." La mère de Bilal Hadfi, l'un des kamikazes des attentats de Paris, a confié samedi 26 décembre à une télévision belge qu'elle culpabilisait de ne pas avoir su déceler les signes de radicalisation chez son fils. Le jeune homme s'est fait exploser le 13 novembre à proximité du Stade de France.

Une femme se présentant comme Fatima Hadfi – identité qui n'a pu être vérifiée par l'AFP – a appelé Maghreb TV, une chaîne destinée à la communauté maghrébine et s'est adressée en direct au présentateur. Depuis les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts, "je ne vis plus, je survis. Je m'en veux de n'avoir rien vu" de la radicalisation de Bilal, a-t-elle confié, très émue.

"Tout est fait pour que les parents ne remarquent rien"

"Mon petit garçon venait juste d'avoir 20 ans. Il vivait comme tout le monde. Il allait à l'école. Il était victime de cette société des regards, des paroles", ajoute-t-elle, expliquant que des adolescents comme le sien se heurtent à des barrières pour trouver un emploi. 

A l'antenne, elle a raconté que son fils, prétextant des vacances au Maroc, était en réalité parti en Syrie, où il a séjourné neuf mois. "C'est des enfants qui ont été pris par un engrenage, des gens qui ont su les manipuler. Ils ont été arrachés de leur famille", déclare-t-elle à propos des jeunes candidats au jihad.

"Tout est fait pour que les parents ne remarquent rien. Moi-même je me le suis dit, j'aurais dû être plus à l'écoute de mon fils", a-t-elle ajouté. Fatima Hadfi a également déploré la lenteur des autorités françaises à lui restituer la dépouille de son fils : elle demande à pouvoir l'enterrer.