Messages racistes de policiers sur Facebook : Christophe Castaner saisit la justice

Les accusations de racisme au sein de la police se multiplient ces derniers jours. Le ministre de l’Intérieur entend "faire toute la lumière".

Christophe Castaner, le ministre de la Justice, le 27 mai 2020.
Christophe Castaner, le ministre de la Justice, le 27 mai 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, saisit la justice vendredi 5 juin après la parution d’un article très documenté de Streetpress mettant au jour l’existence d’un groupe privé Facebook où de nombreux policiers s’échangent des messages et des photomontages ouvertement racistes et sexistes, a appris franceinfo auprès du ministère de l’Intérieur. Selon cette source, le ministre de l’Intérieur entend ainsi "faire toute la lumière" sur ces accusations.

Publiée mercredi, l’enquête de Streetpress tombe au plus mal pour la police française, dans un contexte où les manifestations contre les violences policières se multiplient, après l’onde de choc de la mort, aux Etats-Unis, d’un homme noir, George Floyd, tué par un policier blanc l’empêchant de respirer lors de son interpellation. Mardi, près de 20 000 personnes ont défié l’interdiction de manifester à Paris pour dénoncer les violences et le racisme d’une partie de la police, emmenées notamment par la famille d’Adama Traoré, mort il y a 4 ans peu après son interpellation musclée par les gendarmes.

Un groupe privé qui compte 8 000 participants

Ce groupe Facebook privé, réservé aux forces de l’ordre, compte quelque 8000 participants: essentiellement des policiers, mais aussi quelques gendarmes. Les membres s’y échangent des montages photo ouvertement racistes ou sexistes, en lien avec l’actualité. De nombreux commentaires - dont les captures d’écran anonymisées sont dévoilées par Streetpress - sont également clairement racistes.

Le signalement de Christophe Castaner se fait dans le cadre de l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige les officiers ou fonctionnaires à dénoncer un crime ou délit dont ils ont connaissance.