Attentat à la préfecture de police de Paris : un officier suspendu va porter plainte pour dénonciation calomnieuse et discrimination

L'officier de confession musulmane avait été suspendu avant d'être réintégré dans un autre service, ne traitant pas de terrorisme, selon les informations de France Inter.

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Radio France
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Les abords de la préfecture de police de Paris bouclés par les forces de l'ordre, le 3 octobre 2019. (AURORE JARNOUX / FRANCE-BLEU NATIONAL)

Un officier musulman suspendu après l'attentat à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 va porter plainte contre X pour dénonciation calomnieuse et discrimination, révèle ce dimanche France Inter. Au cours de cette attaque, quatre fonctionnaires de police avaient été tués à coup de couteau par un employé administratif de 45 ans qui avait été abattu par les forces de l'ordre.

Après cette attaque meurtrière, sept agents en tout, dont le plaignant, Hervé C., avaient été suspendus et désarmés devant leurs collègues. Hervé C., capitaine de confession musulmane, avait finalement été blanchi de tout soupçon de radicalisation par un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), selon les informations de France Inter.

Blanchi, mais déplacé dans un service moins sensible

L'officier n'a découvert ce rapport de l'IGPN, daté du 8 juin 2020, que cet été. Il fait état de 17 témoignages de collègues qui avaient conclu à l'absence totale de signaux d'une possible radicalisation islamiste.

"Les signalements du départ ont été passés au tamis de l’IGPN", raconte Anass Khafif, l’un des avocats d’Hervé C. "L’inspection a rendu ses conclusions, a blanchi et inscrit noir sur blanc qu’il n’y a aucun fait matériel à reprocher à notre client." Malgré ce rapport favorable, cet officier qui avait auparavant accès aux dossiers de terrorisme, a été transféré dans un autre service, celui des fraudes à la TVA.

"Deux années plus tard, on le traite de terroriste ! Sans procès, sans éléments, sans faits matériels, on vous assigne à un soupçon de terrorisme, un soupçon de radicalisation ; mais où va-t-on ?"

Maître Anass Khafif, avocat d'Hervé C.

à France Inter

"Toute cette attitude démontre qu’il y a eu une discrimination",  poursuit Me Anass Khafif. Les deux avocats d'Hervé C. et leur client annoncent d'ailleurs qu’ils iront devant la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire, s’ils ne sont pas entendus à Paris.

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