A Wissous, les habitants sont partagés après l'interpellation de leur maire, armé d'un katana face aux gens du voyage

L'interpellation de Richard Trinquier, maire de Wissous, fait réagir dans la commune de l'Essonne. Armé d'un katana et d'un pistolet, il voulait empêcher l'installation des gens du voyage. Une action saluée par de nombreux habitants, mais condamnée par l'opposition.

Richard Trinquier, le maire de Wissous (Essonne), en 2014.
Richard Trinquier, le maire de Wissous (Essonne), en 2014. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Lundi 9 avril, le maire (Debout La France) de Wissous, près d'Orly dans l'Essonne, n'a pas présidé le conseil municipal. Et pour cause, l'édile en question, Richard Trinquier, entamait sa deuxième nuit en garde à vue.

Lors de son interpellation dimanche après-midi, les policiers découvrent un maire sous l'emprise de l'alcool, et surtout armé d’un katana (sabre japonais) et d’un pistolet 9 mm. Armé face à un groupe de gens du voyage, pour les dissuader de s'installer sur sa commune. Tel un "shérif", comme le surnomment certains. Une enquête a été ouverte, confiée à la sureté départementale de l’Essonne, pour "menace avec arme" et "détention d’arme".

"Quelqu'un d'assez nerveux"

Dans cette petite commune de moins de 8 000 habitants, l'élu n'en est pas à sa première polémique. "C'est quelqu'un d'assez nerveux, explique Hélène Mercher, conseillère municipale d'opposition. Cela ne me surprend pas du tout, à part cette arme blanche. Il paraît qu'il a un comportement sur le terrain, en faisant des gestes avec cette arrogance... C'est bizarre, vraiment bizarre. On nous a dit qu'il était alcoolisé, mais quand même je ne comprends pas. Pour moi c'est inadmissible de la part d'un élu."

"Un homme courageux" pour Nicolas Dupont-Aignan

Inadmissible pour cette conseillère, mais compréhensible pour un certain nombre d'habitants qui défendent le combat de leur maire contre l'installation des gens du voyage. "Quand ils étaient là j'ai été cambriolé deux fois, peste José, qui habite Wissous depuis 40 ans. L'arme et le sabre non, mais pour dégager des gens comme ça je dis oui, parce que quand ils viennent ils foutent le bordel."

Cet habitant n'est pas le seul à soutenir Richard Trinquier. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France (Richard Trinquier, exclu du parti Les Républicains, lui avait apporté son soutien à la dernière élection présidentielle, NDLR), a d'ores et déjà indiqué que si un procès devait se tenir, il viendrait "le soutenir".

"C’est un homme honnête et courageux qui lutte contre les installations illégales sur sa commune", a précisé Nicolas Dupont-Aignan dans Le Parisien.