Serge Ayoub annonce un recours contre la dissolution de Troisième voie et des JNR

Les deux groupes d'extrême droite ont été dissous mercredi. Leur fondateur compte saisir le Conseil d'Etat pour "abus de pouvoir".

Des membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires lors d\'une manifestation contre la mondialisation, le 8 mai 2011, à Paris.
Des membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires lors d'une manifestation contre la mondialisation, le 8 mai 2011, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le gouvernement avait-il suffisamment d'arguments pour dissoudre ces groupes d'extrême droite ? Le fondateur de Troisième voie et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) a fait part, mercredi 10 juillet, de son intention de saisir le Conseil d'Etat pour contester leur dissolution. Cette décision, qui concerne aussi l'association Envie de rêver, avait été prononcée un peu plus tôt par le Conseil des ministres et prise sur proposition du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Pourquoi cette dissolution ?

Les trois structures, dont des sympathisants ont été impliqués dans la mort du jeune militant d'extrême gauche Clément Méric"présentaient les caractéristiques de milices privées" incitant à "la discrimination et à la haine", a fait valoir la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Cinq personnes, dont une femme, gravitant dans la mouvance skinhead d'extrême droite, ont été mises en examen après la rixe tragique du 5 juin à Paris. Le principal mis en cause, Esteban Morillo, 20 ans, est un sympathisant de Troisième voie et des JNR, leur service d'ordre.

Pourquoi un recours ?

"Il y aura un recours pour abus de pouvoir", a annoncé le fondateur des deux mouvements, Serge Ayoub, 48 ans. Cet ancien chef des skinheads parisiens d'extrême droite estime qu'il "y a sept critères précis dans l'article L212-1" du code de la sécurité intérieure qui autorisent la dissolution d'un groupe, "et nous ne sommes pas dedans". Il entend également déposer un "référé-liberté" devant la justice, pour obtenir "la suspension du décret" et de son application "jusqu'à ce que le Conseil d'Etat se prononce", a-t-il ajouté.

Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, "aucun des écrits de Troisième voie n'incite à la haine raciale" et les "JNR ne sont pas une milice privée, c'est un service d'ordre", estime Serge Ayoub. "Cette décision est politique, a-t-il ajouté, dénonçant "le fait du prince".

Le 25 juin, alors que Troisième voie et les JNR étaient déjà dans la ligne de mire du gouvernement, Serge Ayoub avait pourtant annoncé l'autodissolution des deux structures. L'association Envie de rêver gérait, elle, Le Local, un établissement privé du 15e arrondissement à Paris qui servait de lieu de ralliement à Troisième voie.