Procès de l'affaire de Tarnac : "On a été désignés comme les jeunes hérétiques qu'il fallait emmener au bûcher", témoigne l'une des relaxées

Yildune Lévy, innocentée comme les autres prévenus à l'issue du procès de l'affaire de Tarnac, a affirmé vendredi sur France Inter que "jamais la relaxe ne réparera l'ampleur de l'attaque".

RADIO FRANCE

Au lendemain de sa relaxe en première instance par le tribunal correctionnel de Paris, lors du procès de l'affaire dite de Tarnac, Yildune Lévy, était invitée de France Inter vendredi 13 avril. "Tant qu'il n'y aura pas la toute fin, notamment le délai d'appel du parquet qui soit passé, je ne peux pas me dire que c'est fini. J'ai besoin que ce soit acté, écrit", a-t-elle déclaré.

Jeudi, les principaux prévenus du procès du groupe de Tarnac, Julien Coupat et Yildune Lévy, ont été relaxés des poursuites de sabotage d'une ligne SNCF en 2008 et d'association de malfaiteurs. "Jamais [la relaxe] ne réparera l'ampleur de l'attaque, poursuit Yildune Lévy. On a été jetés à l'opprobre, désignés comme les jeunes hérétiques qu'il fallait emmener au bûcher, cette réparation-là n'existera jamais.

L'antiterrorisme, "une machine à broyer"

"Le dossier n'est pas vide", a-t-elle également commenté, il fait "27 000 pages". Yildune Lévy a dénoncé sur France Inter une "police politique". Pour elle, "ce type de procédure policière et politique vise à suspendre l'existence des gens et à les neutraliser politiquement et ça c'est une chose qu'ils n'ont pas réussi à faire sur nous. Ça nous a renforcés."

Également interrogée sur France Inter, l'avocate de Yildune Lévy, Marie Dosé, a affirmé que "l'antiterrorisme est une machine à broyer". Selon l'avocate, "s'il y a une leçon à tirer, c'est que l'instrumentalisation de la justice par le politique doit cesser."

"N'oublions pas qu'à l'époque Nicolas Sarkozy [alors président de la République] et Michèle Alliot-Marie [ministre de l'Intérieur] voulaient désigner l'ennemi intérieur comme une forme d'ultragauche, a ajouté l'avocate. Et ils sont parvenus, avec la complicité des services de renseignement, à bâtir ce dossier pour finalement tenter de le judiciariser", assure-t-elle. Pour l'avocate de la défense, "il serait temps que l'indépendance de la justice soit respectée."

Yildune Lévy, vendredi 13 avril sur France Inter.
Yildune Lévy, vendredi 13 avril sur France Inter. (RADIO FRANCE)