Reportage "Terrifiant, effroyable"... À Wintzenheim, l'émotion après l'incendie qui a ravagé un gîte

Un gîte a été détruit par les flammes très tôt, mercredi matin, à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin, causant la mort de 11 personnes.
Article rédigé par France Info - Jules Brelaz
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
L'incendie d'un gîte à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin, a fait 11 morts le 9 août 2023. (PATRICK KERBER / DPA)

L’émotion est forte jeudi 10 août à Wintzenheim (Haut-Rhin), 24 heures après l’incendie qui a ravagé la veille, une ancienne grange transformée en gîte, une maison à colombages typique de l'Alsace, dont il ne reste que des poutres calcinées qui fumaient encore hier dans la soirée. Un bouquet de fleurs a été déposé par une main anonyme jeudi matin, en mémoire des victimes. D'après le dernier bilan confirmé par la préfecture jeudi matin, 11 corps ont été dégagés des décombres. 

>> Incendie d'un gîte à Wintzenheim : ce que l'on sait du feu qui a fait 10 morts en Alsace

Très ému, le maire de Wintzenheim se prépare à recevoir les familles des victimes qui arrivent "au compte-gouttes", certaines n’ayant pas encore pu être jointes car en vacances. Une cellule psychologique a été ouverte pour les accueillir. Mercredi à 19 heures, les habitants de la commune se sont rassemblés pour une cérémonie œcuménique en l’église Saint-Laurent, organisée à l’initiative de la mairie et de la paroisse. Sur l’autel, onze bougies allumées pour symboliser les personnes disparues dans ce drame. Sur les bancs, des croyants et des non croyants, des familles, des gens seuls, plus ou moins jeunes. Tous là pour rendre hommage à ces victimes, "parmi les plus vulnérables", prises au piège dans leur sommeil. Albert Nouati, le curé de la paroisse évoque un "drame effroyable", le "choc" : "On est tous secoués. Il n’y a pas de mots", confie-t-il, à part exprimer de "la solidarité". Un registre de condoléances a été ouvert : "Toutes mes pensées vont à vos familles", peut-on y lire sur l’un des petits mots laissés.

 "Une présence d'esprit remarquable et beaucoup de chance"

Le feu a pris mercredi à l'aube dans ce bâtiment qui abritait 28 personnes : des adultes souffrant d'un léger handicap mental qui venaient passer leurs vacances ici, et leurs accompagnateurs. Floriane habite juste en face de ce gîte. À son réveil, mercredi, elle a ouvert ses fenêtres : "J'ai vu des flammes qui dépassaient de la toiture. C'est terrifiant parce que ça s'est passé tellement vite. Imaginez que des gens ont péri en si peu de temps, que rien n'a pu être fait. C'est terrible."

Une jeune femme d'une vingtaine d'années est parvenue à s'échapper à temps. Elle est la seule survivante d'un groupe de cinq adhérents de l'Association adultes et enfants inadaptés mentaux (AIEM) de Nancy qui participaient au séjour. "Elle est sortie très vite, alertée par le bruit de choses qui tombaient autour d'elle, raconte Denis Renaud, le président de l'association. Elle a ouvert la porte, s'est rendu compte qu'il y avait du feu et est remontée au premier étage".

"Elle a hésité à aller chercher son doudou, son téléphone et finalement elle a sauté par la fenêtre."

Denis Renaud, président de l'Association adultes et enfants inadaptés mentaux de Nancy

à franceinfo

Denis Renaud salue "le courage" de la jeune femme mais aussi "l'autonomie exceptionnelle" dont elle a su faire preuve. Elle a compris ce qui se passait et a su réagir avec "une présence d'esprit remarquable mais en même temps, beaucoup de chance".

Un contrat de location pour 16 personnes

Sur place mercredi, Élisabeth Borne a parlé d'"un drame épouvantable qui nous touche tous au cœur de l'été". La Première ministre a exprimé "toute (sa) tristesse et (sa) solidarité", avec Aurore Bergé, la ministre des Solidarité. Elles ont entendu apporter tout leur "soutien aux familles, aux victimes et aux forces de secours et de sécurité". "Une enquête permettra de faire toute la lumière", a martelé Élisabeth Borne. 

Parmi les nombreuses interrogations : la capacité maximale du gîte a-t-elle été respectée ? "La propriétaire a fait un contrat de location pour 16 personnes et c'est ce qu'elle a dit quand elle était encore en état de parler ce matin. Ce bâtiment est a priori prévu pour recevoir 16 personnes maximum, mais il est certain qu''il y avait 27 ou 28 personnes, rien qu'en regardant les véhicules qui avaient amené les personnes handicapées, on se rend bien compte qu'ils étaient plus de 16", estime Daniel Leroy, premier adjoint à la mairie de Wintzenheim. 

L'enquête ne fait que commencer mais on sait déjà que sur les 16 personnes qui se trouvaient au premier étage et dans la mezzanine, seules cinq ont pu sortir à temps. 

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