Jacques Rançon, le "tueur de la gare de Perpignan", avoue l’assassinat d'Isabelle Mesnage près d'Amiens

L'homme, déjà condamné pour viol et meurtre, était en garde à vue depuis mardi. 

Jacques Rançon, lors de son jugement aux assises en 2018 dans l\'affaire des disparues de la gare de Perpignan.
Jacques Rançon, lors de son jugement aux assises en 2018 dans l'affaire des disparues de la gare de Perpignan. (MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP)

Jacques Rançon, le "tueur de la gare de Perpignan", avoue jeudi 20 juin avoir tué Isabelle Mesnage près d'Amiens dans la Somme. Il était en garde à vue depuis mardi 18 juin dans le cadre d'une enquête pour cet homicide vieux de plus 30 ans.

Il s'agit de son premier meurtre selon lui

"Au cours de sa garde à vue, pour laquelle il ne souhaitait pas l'assistance d'un avocat, il réfutait initialement les faits avant de les reconnaître avec de nombreux détails", indique le parquet. Il a expliqué avoir "enlevé Isabelle Mesnage le jour de sa disparition alors qu'elle faisait du stop. Il l'a frappée, violée avant de l'étrangler", précise le parquet.

Selon Jacques Rançon, il s'agit "de son tout premier meurtre". Le "tueur de la gare de Perpignan", qui vivait dans la Somme à l'époque, "affirme qu’il n’existe pas d’autres victimes d’homicide que les trois victimes identifiées à ce jour". Il a été mis en examen ce jeudi pour "assassinat et viol".

Le corps de la victime, Isabelle Mesnage, avait été retrouvé le 4 juillet 1986 aux abords d'un chemin de randonnée à Villers-Bretonneux (Somme). La jeune femme de 20 ans était portée disparue depuis cinq jours, alors qu’elle était partie faire une randonnée. Le corps portait des traces de coups. L’enquête ouverte par les gendarmes avait exploré de nombreuses pistes pendant plusieurs années, sans résultat, selon France Bleu Picardie. Le dossier avait fait l’objet d’un non-lieu le 26 février 1992.

L'enquête ouverte en 2018

À la suite de l’intervention de la famille de la victime, une enquête a été diligentée par le parquet d’Amiens le 21 avril 2018. "On a pensé à Jacques Rançon quand on a pu disposer de la photographie de la scène de crime, ou en tout cas de la découverte du corps d'Isabelle Mesnage, et c'est ce qui nous a permis de nous rendre compte qu'il y avait des similitudes", explique Corinne Hermann, l'avocate de la famille, au micro de France Bleu Picardie. Cette enquête a abouti à une réouverture d’information judiciaire pour charges nouvelles le 1er octobre 2018 et à la saisine de deux magistrats instructeurs. Le "tueur de la gare de Perpignan" avait été extrait de sa cellule de la prison de Béziers dans l'Hérault où il purge une peine.

La "satisfaction" de la famille

Corinne Hermann fait part de sa "satisfaction d'avoir un début de réponse." Selon l'avocate, ces aveux de Jacques Rançon sont "très importants pour eux [la famille], même 33 ans après." Elle attend désormais, tout comme la famille, le procès de cette affaire, dont la date est encore inconnue. "Imaginez, 33 ans de leur vie sans avoir de réponse et tout d'un coup ça tombe de cette façon-là, ajoute Corinne Hermann. Plus vite le procès sera fixé, mieux ce sera pour eux. Et ils sont dans l'attente de se confronter à lui évidemment."

Jacques Rançon a déjà été condamné en 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre de deux femmes à Perpignan à la fin des années 1990.