Attaque à Joué-lès-Tours : le procureur lance un appel à témoins

Les policiers ont tué Bertrand Nzohabonayo au commissariat de Joué-lès-Tours en état de légitime défense, a réaffirmé le procureur lors d'une conférence de presse.

Le commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), le 21 décembre 2014.
Le commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), le 21 décembre 2014. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

"Je suis prêt à enquêter sur tout élément qu'on voudrait porter à ma connaissance et qui irait à l'encontre de ce que je vous ai dit jusqu'à présent." Le procureur de la République de Tours, Jean-Luc Beck, a appelé, mercredi 31 décembre, tous les témoins qui ne l'avaient pas encore fait à se manifester rapidement auprès des services de police, après l'attaque de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire).

Il a réaffirmé que les policiers qui ont tué Bertrand Nzohabonayo, le 20 décembre, au commissariat de Joué-lès-Tours, avaient agi en état de légitime défense alors qu'il les agressait à l'aide d'un couteau. "En l'état, les témoins policiers et le civil [présents lors des faits] disent la même chose, à savoir que l'agression [des policiers par Bertrand Nzohabonayo] a été immédiate", a déclaré Jean-Luc Beck, qui a en outre précisé que tous les faits s'étaient déroulés "à l'intérieur du sas" d'entrée du commissariat.

Le parquet veut "couper court aux rumeurs"

Le procureur a indiqué que Bertrand Nzohabonayo s'était rendu spontanément seul à l'entrée du commissariat, dont il a secoué la porte avant qu'un adjoint de sécurité ne vienne lui ouvrir et le fasse pénétrer dans le sas d'entrée. Il ne faisait l'objet d'aucune procédure ou convocation au moment des faits.

Interrogé sur le fait que Bertrand Nzohabonayo ait crié ou non "Allahou Akhbar" lors des faits, le procureur a répondu qu'il ne pouvait "ni affirmer, ni démentir" sur ce point précis, en dehors de son ressort. Il n'est en charge que de l'enquête sur les circonstances de la mort, alors que le parquet antiterroriste de Paris enquête sur son éventuel caractère terroriste.

La famille Nzohabonayo répète ses doutes

L'avocat de la famille Nzohabonayo, Jérémie Assous, qui s'est exprimé à Tours devant la presse immédiatement après le procureur, a néanmoins estimé que les précisions apportées ne levaient pas les doutes sur ce qui s'est vraiment passé.

"Comment expliquer que depuis dix jours des personnes témoins des faits, qui ont des explications extrêmement importantes, n'aient toujours pas été entendues", s'est-il interrogé. "Aujourd'hui, d'après le point presse, les seuls éléments qui ont été recueillis vont dans le sens de la version officielle."

Or, "il existe d'autres éléments qui contredisent" cette version, a-t-il réaffirmé, appelant comme le procureur les personnes ayant des éléments à apporter sur le déroulement des faits à se manifester auprès des services de police judiciaire.