Le père d'une victime de Merah accuse Hollande "d'inculture"

Albert Chennouf-Meyer, le père d'Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah à Montauban, dénoncé le fait que le président a qualifié dans un discours son fils de musulman, alors que le jeune homme était catholique.

Le président François Hollande, au dîner du Crif à Paris, le 4 mars 2014.
Le président François Hollande, au dîner du Crif à Paris, le 4 mars 2014. (MICHEL EULER / POOL / AFP)

C'est une phrase prononcée lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), mardi 2 mars, qui ne passe pas. Dans une lettre ouverte adressée, samedi 8 mars au président de la République, le père d'une victime de Mohamed Merah accuse François Hollande "d'inculture" et de "mépris"

En cause, ce passage du discours de François Hollande : "C'est le fanatisme et non l'islam, qui a guidé le bras assassin de Merah à Toulouse et à Montauban lorsqu'il a abattu Jonathan, Gabriel, Arieh, Myriam, Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf. Quatre juifs, trois musulmans. Tous Français" Or Abel Chennouf, militaire tué par Mohamed Merah à Montauban, est catholique.

"Deux poids, deux mesures"

Son père, Albert Chennouf-Meyer attaque : "Mon épouse Katia, Tony et Sabrina mes enfants et moi-même, nous nous élevons et condamnons fermement votre inculture, votre agression verbale et votre mépris vis-à-vis de notre enfant Abel Samy Arnaud, qui est catholique de son état et non musulman." Et il prend soin d'ajouter : "Etre musulman n'est pas une tare."

Il dénonce également "le mépris" manifesté selon lui par le chef de l'Etat "envers les familles de victimes, notamment Abel et Mohamed Legouad"Les familles Chennouf et Legouad avaient déjà dénoncé en novembre les "deux poids deux mesures" dans le traitement réservé, selon elles, par l'Elysée aux familles des victimes du tueur au scooter. Ils dénoncent notamment la visite de François Hollande en Israël, où le président s'est recueilli sur les tombes des quatre victimes tuées dans l'école juive de Toulouse.