Lycéens de Mantes-la-Jolie interpellés : l'IGPN est saisie d'une enquête judiciaire

La "police des polices" a été saisie de l'affaire mardi, a précisé la procureure de la République de Nanterre.

Des jeunes rejouent la scène d\'interpellation des lycéens de Mantes-la-Jolie par la police, le 7 décembre 2018, place de la République à Paris.
Des jeunes rejouent la scène d'interpellation des lycéens de Mantes-la-Jolie par la police, le 7 décembre 2018, place de la République à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Une enquête préliminaire, confiée à l'IGPN, a été ouverte par le parquet de Nanterre dans l'affaire des interpellations de lycéens mis à genoux par la police à Mantes-la-Jolie (Yvelines) en décembre, a indiqué, vendredi 15 février, le parquet de Nanterre. La "police des polices" a été saisie de l'affaire mardi, a précisé à l'AFP la procureure de la République de Nanterre Catherine Denis.

Une plainte pour violences policières avait été déposée à Versailles par le syndicat lycéen UNL après l'arrestation de 151 adolescents près d'un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines) mais l'affaire a été dépaysée à Nanterre début février. Arié Alimi, avocat de familles plaignantes et de l'UNL, s'est dit "dramatiquement effaré qu'il n'y ait pas eu d'enquête judiciaire ouverte depuis deux mois, ce qui démontre le mépris patent du parquet envers les mineurs victimes, ainsi qu'à l'égard des associations qui se sont constituées parties civiles".

"Compte tenu de la reprise en main globale du parquet par l'exécutif, nous allons saisir un juge d'instruction indépendant" début mars, a-t-il prévenu. C'est en marge d'une mobilisation nationale des lycéens le 6 décembre que 151 jeunes âgés de 12 à 21 ans avaient été interpellés près du lycée Saint-Exupéry après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, avait provoqué un tollé. A l'issue de leur garde à vue, la plupart d'entre eux avaient écopé de simples rappels à la loi.