Municipales : les villes entre 3 500 et 9 000 habitants seront finalement comptabilisées dans les résultats nationaux

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a revu sa circulaire controversée portant sur le "nuançage" politique après la suspension partielle du Conseil d'Etat.

Le ministre de l\'Intérieur, Christophe Castaner, le 28 janvier 2020 à l\'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, le 28 janvier 2020 à l'Assemblée nationale. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

La Place Beauvau revoit sa copie. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a finalement retenu mardi 4 février le seuil de 3 500 habitants au-delà duquel les préfets attribuent des étiquettes politiques aux listes candidates aux élections municipales.

Le Conseil d'Etat avait en partie suspendu la "circulaire Castaner", qui, dans sa première version, avait fixé ce seuil à 9 000 habitants. Or, une liste qui n'a pas reçu d'étiquette n'est pas comptabilisée dans les résultats nationaux. Au total, plus de 8 700 communes, dans lesquelles vivent 23 millions de citoyens, auraient donc disparu des radars.

Une mesure potentiellement avantageuse pour La République en marche, qui n'a investi ou annoncé son soutien qu'à 558 candidats sur quelque 35 000 communes françaises. En occultant les résultats des plus petites communes (dans lesquelles la majorité a obtenu des scores moins élevés aux européennes de 2019), le gouvernement était soupçonné de vouloir minimiser une possible défaite.

"Il apparaît que ce seuil fait consensus"

"Le Conseil d'Etat ayant jugé que le gouvernement pouvait choisir le seuil de nuançage, ayant considéré que le seuil de 9 000 habitants, initialement proposé, était trop élevé, (...) les instructions retiennent, pour l'attribution de nuances, les communes de 3 500 habitants et plus, ainsi que les chefs-lieux d'arrondissement", explique le ministère dans un communiqué. "Il apparaît que ce seuil, en vigueur aux élections municipales de 2008 – il était alors le seuil du scrutin de liste –, fait consensus."

Dans ce document, Christophe Castaner ajoute que la nouvelle circulaire prévoit "qu'une liste qui n'a pas reçu d'investiture, mais est soutenue par un parti politique" se verra attribuer la nuance "divers gauche", "divers droite" ou "divers centre". Une nuance de liste "union du centre" a également été créée et "sera attribuée aux listes investies par plusieurs formations centristes, dont La République en marche"

Par ailleurs, la nuance Debout la France est reclassée sous la nuance "droite" et non plus "extrême droite", conformément à l'analyse du Conseil d'Etat.