Les populismes en Europe (2/9) : en Bulgarie, Volen Siderov, le phalangiste

À deux mois des élections européennes, franceinfo tente de comprendre la montée des populismes en Europe. En Bulgarie, Volen Siderov, resté jusque-là plutôt en retrait du gouvernement, souhaite maintenant être élu au Parlement européen.

Volen Siderov, à Sofia, le 8 janvier 2014.
Volen Siderov, à Sofia, le 8 janvier 2014. (DIMITAR DILKOFF / AFP)

En Bulgarie, le populisme a pris les couleurs d'un nationalisme assez classique et volontiers agressif vis-à-vis des minorités du pays, musulmans ou Roms. Il est longtemps resté minoritaire dans les urnes, mais a tout de même fini par faire son entrée au gouvernement il y a deux ans. La figure la plus visible et la plus controversée de cette extrême-droite bulgare, Volen Siderov, est pourtant resté en retrait. Aujourd'hui, c'est au Parlement européen qu'il aimerait bien faire son entrée.

Populimse Bulgarie
Populimse Bulgarie (PHOTOPQR/OUEST FRANCE)

>> CARTE. Hongrie, Italie, Autriche... Où sont les populistes en Europe ?

Mais c'est loin d'être gagné pour lui : s'il a annoncé sa volonté de conduire une liste d'extrême-droite bulgare aux Européennes, Volen Siderov n'est pas encore à pied d'œuvre, loin s'en faut. À vrai dire, l'homme n'a pas que des alliés politiques et s'est fait beaucoup d'ennemis. C'est même sa spécialité : se trouver des ennemis. Cet ancien journaliste et animateur de talk-shows télévisés s'est lancé en politique en 2005, en convertissant en parti, dénommé "Attaque", l'émission du même nom qu'il animait jusque-là à la télé.

Côté programme c'est minimal : ouvertement xénophobe, voire raciste et antisémite. Ses principales bêtes noires demeurent les Roms et surtout les musulmans de Bulgarie, à ses yeux ultimes représentants des Turcs ottomans qui ont dominé le pays pendant quatre siècles et demi. Siderov est aussi un russophile, admirateur de Vladimir Poutine, un eurosceptique qui milite également pour une sortie de son pays de l'OTAN.

Des résultats mitigés dans les urnes

Avec ce type de programme, il a d'abord obtenu des résultats dans les différents scrutins de Bulgarie. À la présidentielle de 2006 par exemple, sa notoriété d'animateur télévisé joue manifestement en sa faveur, elle lui permet de glaner 20% des suffrages au premier tour, ce qui l'amène au second, où il rafle 24% du vote bulgare. Lui-même ou son parti ne vont jamais au-delà.

À la dernière législative, en 2017, une coalition de trois partis nationalistes – dont le sien, Attaque – ne recueille que 9% des voix. Ce qui n'empêche pas cette formation d'entrer au gouvernement, dans une coalition avec le parti du Premier ministre Boyko Borissov. Volen Siderov, toutefois, ne brigue aucun maroquin et il reste député.

Une ambition : devenir eurodéputé

C'est toujours étrange pour les eurosceptiques dans son genre, mais il a annoncé depuis des mois vouloir conduire la liste de l'extrême-droite bulgare pour les élections européennes de mai prochain. Mais manifestement, les autres partis nationalistes ne l'entendent pas de cette oreille et refusent de lui confier la conduite d'une liste unique d'extrême droite.

C'est donc la perspective de deux, voire trois listes nationalistes, qui semble être en train de se dessiner. Or, tous les sondages l'affirment : si l'extrême droite nationaliste a, peut-être, une petite chance de remporter l'un des 17 sièges bulgares au Parlement européen, c'est à la seule condition qu'elle se lance dans la course, avec une liste unique.