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Vidéo Législatives : pour François Hollande, la récente union de la gauche n'est pas "équilibrée sur le plan électoral" ni "crédible sur le plan programmatique"

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Article rédigé par franceinfo
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Pour François Hollande, l'union de la gauche ne peut être "conquérante" que si elle est "équilibrée" et "crédible". La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) pour les législatives "ne l'est pas", juge-t-il.

"L'union [de la gauche] pour qu'elle soit victorieuse, il faut qu'elle soit crédible, sincère, et que le résultat puisse être appliqué", a estimé François Hollande, invité lundi 9 mai sur France Inter. Or la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), entre La France insoumise, le Parti socialiste, les Verts et les communistes, "ne l'est pas", a estimé l'ancien président. Pour François Hollande, elle n'est pas "équilibrée sur le plan électoral", ni même "crédible sur le plan programmatique", bien qu'elle soit "souhaitable" pour "envoyer le plus de députés possible à l'Assemblée nationale et empêcher des mesures néfastes pour le pays".

Sur le plan programmatique, François Hollande a émis des doutes quant à la possibilité de financer les propositions retenues, notamment "la retraite à 60 ans, la 6e semaine de congés payés, les 32 heures de travail, l'augmentation générale des salaires, le revenu jeune, ou encore la création de 400 000 emplois publics". Par ailleurs, il a dénoncé le principe de "désobéissance" vis-à-vis des traités européens. "Négocier les traités, essayer de les changer, pourquoi pas, c'est nécessaire même si c'est extrêmement compliqué. Mais désobéir ? C'est comme si vous jouiez une partie de football et à la fin vous dites : 'On ne respecte plus les règles, je vais jouer avec les mains, ça ne marche pas'", a-t-il résumé.

Cet accord "va déséquilibrer durablement la gauche"

Sur le plan électoral, l'ancien président a estimé qu'avoir "70 candidats sur 577 circonscriptions", tel que le prévoit l'accord, "est une faute". Il a rappelé que le PS "ne se réduit pas au score d'Anne Hidalgo" et "représente cinq régions, de nombreux départements et des villes entières". "Beaucoup de candidats socialistes auraient été dans de meilleures conditions pour être élus que des candidats de La France insoumise qui vont être 370", a indiqué François Hollande qui a pointé du doigt "le déséquilibre par rapport à la réalité politique", estimant que dans le score de quasiment 22% de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, il y a "aussi beaucoup de personnes qui ont voté pour écarter Marine Le Pen".

François Hollande estime que cet accord "va déséquilibrer durablement la gauche" et se dit convaincu "qu'il n'y a pas de majorité possible" car il y a "deux gauches" : "La gauche radicale, représentée par Jean-Luc Mélenchon et longtemps représentée par le parti communiste", et la "gauche réformiste" incarnée par le PS. "Quand la gauche réformiste est plus forte que la gauche radicale, elle permet à toute la gauche d'arriver au pouvoir, pas forcément d'y rester, et quand la gauche radicale est plus forte, mais qu'elle ne fait pas l'effort du compromis elle ne parvient pas au pouvoir. C'est le problème que nous rencontrons aujourd'hui", a analysé François Hollande.

Candidat en Corrèze ?

L'ancien président s'est également agacé de constater que son ancienne circonscription, en Corrèze, avait été "réservée" à un candidat de La France insoumise dans l'accord de la Nupes, dénonçant "l'inélégance" et "l'absence néfaste d'amitié" au sein du PS. François Hollande n'a pas encore décidé s'il allait se présenter ou non dans cette circonscription. "J'ai jusqu'au 20 mai" pour le faire, a-t-il indiqué, tout en assurant être "soucieux de ne pas ajouter de la confusion à la confusion". "Socialiste je suis, socialiste je serai jusqu'à la fin de mon existence au moins politique", a lancé l'ancien président.

François Hollande a également rejeté toute responsabilité individuelle dans la situation dans laquelle se trouve actuellement son parti. "Le problème du PS c'est qu'il a décidé depuis 2017 de s'effacer et il a réussi au-delà de tout entendement", a jugé l'ancien président socialiste. "L'idée socialiste est là mais le parti - tel qu'il est - est usé, fatigué, et surtout divisé", a-t-il résumé, appelant de ses vœux "un grand mouvement" constitué autour du parti socialiste et de tous "ceux qui le voudront" pour ne pas se retrouver dans cinq ans, avec "l'extrême droite" d'un côté, "la gauche radicale qui n'a pas la crédibilité nécessaire" de l'autre, et ce "ce pôle central de plus en plus à droite" que représente la majorité présidentielle actuelle.

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