Transports : bras de fer entre le gouvernement et les sociétés d’autoroute

Alors qu’une augmentation des tarifs des autoroutes est prévue pour le 1er février 2019, le gouvernement demande un geste. En plateau, Christelle Méral analyse la situation.

FRANCE 2

La question du pouvoir d’achat était au départ au centre des revendications des "gilets jaunes". C’est dans ce contexte que la ministre des Transports a demandé aux sociétés d’autoroute de revoir la hausse annoncée des tarifs. Christelle Méral, décrypte la situation sur le plateau du 20 Heures : "L’augmentation prévue c’est 1,8% à partir du 1er février 2019. C’est d’abord dû pour 1,35% à l’inflation, car les tarifs suivent la hausse générale des prix. L’augmentation s’explique aussi, de 0,25%, par la compensation du gel des tarifs en 2015. Ségolène Royal, la ministre d’alors, s’était alors opposée à la hausse du prix des péages. Cependant, elle n’avait pas obtenu une annulation, mais un gel, c’est-à-dire un report que l’on paie aujourd’hui. Et jusqu’en 2023, cela coûtera 500 millions d’euros en plus aux usagers, selon une commission sénatoriale. Donc le gouvernement ne veut plus un gel de tarifs. Sur les 1,8% restent 0,2% pour l’amélioration du réseau autoroutier."

2,8 milliards d’euros de bénéfices en 2017 pour les sociétés d’autoroute

Si la ministre des Transports demande un geste, les sociétés d’autoroute ne sont pas obligées de l’écouter. "Les sociétés d’autoroute sont privées et les augmentations sont régies par des contrats, explique la journaliste. Cependant, la ministre engage un bras de fer politique sur le pouvoir d’achat. Elle réclame des gestes commerciaux, par exemple pour les usagers réguliers. Selon le gouvernement, les autoroutes en ont les moyens. Elles ont engrangé 2,8 milliards d’euros de bénéfices en 2017."

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Le péage de Vienne (Isère) sur l\'autoroute A7, le 11 juillet 2009. 
Le péage de Vienne (Isère) sur l'autoroute A7, le 11 juillet 2009.  (JEFF PACHOUD / AFP)