Quand Uber veut transformer les Parisiens en chauffeurs de taxi

La compagnie de VTC californienne lance aujourd’hui "UberPOP", un service low-cost qui permet d’être conduit par un particulier dans Paris et en proche banlieue.

Ce nouveau service de Uber permet à des particuliers de s\'improviser chauffeurs de taxi en conduisant d’autres particuliers sur de petits trajets.
Ce nouveau service de Uber permet à des particuliers de s'improviser chauffeurs de taxi en conduisant d’autres particuliers sur de petits trajets. (SOFIA DEA/GODONG / PHOTONONSTOP)

"Uber POP". C’est la nouvelle application pour smartphone lancée mercredi 5 février par la société américaine de VTC – véhicule de tourisme avec chauffeur – Uber. Exclusivement réservée à Paris et aux proches banlieues, elle permet à des particuliers de s'improviser chauffeurs de taxi en conduisant d’autres particuliers sur de petits trajets.

1 Comment ça marche ?

Cette formule "low-cost" d'Uber permet aux usagers de localiser en temps réel les véhicules disponibles à proximité. "Là, le client s'assied à l'avant de la voiture. Ce n'est pas le même standing qu'un véhicule avec chauffeur classique", admet quand même Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur général d’Uber France, dans Le Monde. Il évoque une "logique du partage" et d'"économie collaborative"Comme dans un taxi, le passager s’acquitte d’une somme variant en fonction du temps (35 cts/min) et de la distance parcourue (80 cts/km). La course minimum est de 4 euros. Inconvénient : "UberPOP" ne dessert que Paris et ses proches banlieues.

2 Qui sont les chauffeurs ?

En théorie, ces particuliers s’improviseront chauffeurs occasionnels en marge de leur activité professionnelle. Les chauffeurs amateurs seront cependant sélectionnés par Uber et devront répondre à certaines conditions pour intégrer le réseau : avoir un véhicule de moins de 5 ans en bon état, être âgé d'au moins 21 ans, fournir un certificat d’assurance et un extrait judiciaire. Les conducteurs sont exonérés d’impôts. Mais ils reversent une commission allant de 10 à 20% à Uber France.

L'entreprise dispose, depuis deux ans qu'elle s'est lancée en France, d'une importante base de clients via son application VTC pour smartphone. Mais dans Le Parisien, le directeur général d'Uber se soucie du possible manque de voitures au lancement de son nouveau service. Il fait de la densité du réseau "UberPOP" une de ses priorités. 

3 Comment vont réagir les taxis ?

Ces chauffeurs amateurs représentent de nouveaux concurrents pour les taxis parisiens, déjà bien échauffés par la déferlante de VTC. Le lancement de ce service à moindre coût pourrait bien conduire à une nouvelle fronde des taxis. La prochaine manifestation est d’ailleurs prévue pour le 10 février. Alain Griset, le président de l’Union nationale des taxis, pense à saisir les tribunaux pour "travail dissimulé" et "concurrence déloyale".  

"Ça nous fait un peu rire : les particuliers vont toucher un peu d'argent, mais les chauffeurs Uber vont se retrouver au chômage !"s'amuse Christian Delomel, président de la chambre syndicale des artisans taxis interrogé mercredi sur Europe 1. Par contre, dit-il, "on va exploiter les particuliers. C'est triste."

Le Conseil d’Etat a suspendu mercredi le décret du gouvernement imposant un délai de 15 minutes d’attente entre la commande et la prise en charge du client par un chauffeur privé. Une suspension temporaire, dans l'attente de la décision du juge administratif du Conseil d'Etat.