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Taxe sur les carburants : "À Matignon, ils nous ont dit" que la hausse était destinée à compenser la taxe d'habitation

L'association de défense des consommateurs révèle ce que Matignon lui a dit lors d'une réunion, en septembre

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Dans une station Total d'Alfortville (Val-de-Marne), le prix du litre de gazole s'établit ainsi à 1,643 euros, contre 1,609 pour le sans-plomb 95. (MAXPPP)

Alors que le gouvernement justifie la hausse des taxes sur les carburants par la lutte contre le réchauffement climatique, François Carlier, le délégué général de l'association de défense des consommateurs CLCV, a donné une toute autre explication, jeudi 8 novembre sur franceinfo, en revenant sur un rendez-vous en septembre de cette organisation à Matignon, la résidence du Premier ministre. Matignon s'insurge, vendredi matin, et dénonce une "fakenews". Pour Matignon, la hausse des taxes sur les carburants et la baisse de la taxe d'habitation, "ça n'a rien à voir, même en montant".

"Clairement, à Matignon ils nous ont dit : 'Pour supprimer la taxe d'habitation pour 80% des Français, on a besoin d'augmenter de beaucoup les taxes sur les carburants. Ce sera la seule taxe qu'on va augmenter mais on a besoin de le faire sinon on ne peut pas faire les autres réformes fiscales', a affirmé jeudi soir sur franceinfo François Carlier. Là, ils ont été très très francs, beaucoup plus francs que dans la communication grand public."

Hausse du pouvoir d'achat et transition écologique

Au cours de ce rendez-vous de septembre, la CLCV avait demandé au gouvernement de faire "un geste pour le pouvoir d'achat" en augmentant les taxes d'un centime par litre pour l'essence et de trois pour le diesel. Mais "ils n'en veulent pas", dit la CLCV. Le délégué général de la CLCV a également critique le fait que le gouvernement demande aux collectivités ou aux entreprises de mettre la main à la poche pour financer la transition énergétique.

"Aller chercher à d'autres portes, c'est de l'impolitesse, de mon point de vue", affirme François Carlier. "Les recettes fiscales sur le carburant et le fuel, c'est l'Etat qui les encaissent c'est plus de 30 milliards d'euros. Cela va dans les caisses de l'Etat. Ces recettes sont en forte hausse. S'il y a un acteur qui doit financer la transition énergétique, c'est l'Etat, car c'est celui qui encaisse les taxes".

Une journée de blocages de routes est prévue le 17 novembre prochain contre la hausse des taxes sur les carburants. Lundi sur Europe 1, Emmanuel Macron a proposé "l'amélioration du chèque énergie" pour les familles modestes et que les Français obligés de prendre leur voiture tous les jours soient aidés sur le mode de "l'indemnité kilométrique". Jeudi, le gouvernement a demandé aux distributeurs de carburant de répercuter au jour le jour la baisse des cours du brut sur les prix à la pompe.

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