"Gilets jaunes" : une quinzaine de cellules spéciales de la police, chargées d'identifier les auteurs de violences

Des enquêteurs venus de tous horizons travaillent depuis le mois de janvier dans ces cellules spéciales à la recherche de détails pour identifier les "gilets jaunes" violents. 

Un enquêteur visionne des images des manifestations des \"gilets jaunes\". 
Un enquêteur visionne des images des manifestations des "gilets jaunes".  (CHRISTOPHE RICHERT/RADIOFRANCE)

C'est une unité qui a vu le jour il y a seulement quelques mois. Une quinzaine de cellules "enquête gilets jaunes" ont été créées partout en France depuis le mois de janvier après des manifestations violentes en marge des cortèges. Les enquêteurs sont chargés d’identifier les auteurs de délits, qu’il s’agisse d’incendies, de jets de bouteilles contre les forces de l’ordre, ou encore d’insultes.

Des heures de vidéosurveillance à la recherche de détails

Dans la cellule de Rouen, huit inspecteurs venus des stups, de la brigade des mineurs ou de la sûreté urbaine visionnent pendant des heures des images vidéo sur un ordinateur. Leur mission est de mettre un nom sur le visage d’un homme dans une foule. Parmi les vidéos scrutées, certaines ont fait le tour du web, raconte le commissaire divisionnaire Nicolas Nicolas de Golmar. "Là, on est en train de travailler sur l'agression de journalistes de BFMTV, on est le 5 janvier avec des journalistes qui sont poursuivis, explique-t-il. Les manifestants qui sont à ce moment-là en tête de cortège ne veulent pas d'eux."

Gwenaëlle, l’enquêtrice en charge du dossier des journalistes de BFM agressés, tente à nouveau de trouver un détail dans la vidéo. "Mis bout à bout, ces détails vont nous permettre de confirmer qu'il s'agit bien de l'individu. Parfois, ça reste un sac à dos banal, mais on remarque un bonnet ou une casquette, toutes sortes de détails qui permettent de faire le lien et de matérialiser les faits", détaille-t-elle. Ce jour-là, les journalistes ont sans doute évité le pire selon le commissaire. "C'est une scène qui fait peur. Ils ne vont pas s'en prendre à eux en leur disant de partir, ce sont des faits de violences. Il y a même des gens qui essaient de les faire tomber pour les lyncher."

Une vingtaine de personnes déjà identifiées 

En presque quatre mois d'existence, la cellule "enquête gilets jaunes" de Rouen a permis d’identifier et d’envoyer devant les tribunaux une vingtaine de personnes. Elles étaient impliquées dans l’incendie de la porte de la Banque de France de Rouen, dans l’incendie d’un distributeur de billets ou encore dans une violente agression d’une autre équipe de télé, qui avait valu 21 jours d’incapacité totale de travail au vigile chargé de la sécurité. 

Le reportage de Christophe Richert
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