"Destruction scandaleuse" pour certains, "pompe à fric" pour d'autres : à peine installé, un radar-tourelle près de Carcassonne déjà vandalisé

Si vous prenez le volant ce week-end pour le traditionnel chassé-croisé des vacances, vous croiserez peut-être les "radars-tourelles" : une nouvelle génération de radars capables de flasher plus de véhicules. Mais à peine installés, certains sont déjà détruits.

Un radar tourelle en expérimentation dans le Rhone (illustration).
Un radar tourelle en expérimentation dans le Rhone (illustration). (RICHARD MOUILLAUD / MAXPPP)

"Il pose problème à certaines personnes qui ont décidé de le saccager" : Patricia Dhumez, la maire de Preixan, près de Carcassonne (Aude), raconte comment le radar installé sur la RD 118, a été brûlé. Cela s'est passé dans la nuit du 26 au 27 juillet, alors qu'il venait tout juste d'être remplacé. Selon elle, des individus ont mis "des pneus en feu à son pied pour faire fondre le poteau, et de ce fait le radar est tombé par terre".

C’est une zone accidentogène, on a eu des familles décimées, ce n’est pas anodin. Le radar n’est pas implanté n’importe où, il a vraiment une raison d’être, et il faut ralentir au radar.Patricia Dhumez, maire de Preixanà franceinfo

Juchés sur des mâts de quatre mètres de haut, ces radars-tourelles nouvelle génération voient plus loin, jusqu'à 200 mètres, contre 50 mètres pour les modèles de radars plus anciens. Pour le moment ils ne sanctionnent que les excès de vitesse ou le franchissement d'un feu rouge, mais à terme, ils doivent permettre d'identifier les conducteurs qui n'ont pas mis leur ceinture ou qui téléphonent au volant.

Reportage de Justine Leclercq
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"Je prends cette route assez régulièrement, entre Carcassonne et Limoux, et c’est vrai que je n’ai jamais remarqué que les gens roulaient plus vite qu’ailleurs", témoigne un motard. Lui a du mal à comprendre la logique de cette implantation : "On a eu cette surprise, du jour au lendemain, de voir un nouveau radar nouvelle génération (...) Mais ici, les seuls accidents que j’ai vu moi, ils n’étaient pas du tout dû à la vitesse."

"C'est une pompe à fric !"

À une quinzaine de kilomètres au sud du radar dégradé, un petit groupe de "gilets jaunes" est toujours rassemblé à l'entrée de Limoux. Même s'ils ne cautionnent pas ces dégradations, pour eux, le radar de Preixan n'est pas justifié : "C’est une pompe à fric !", souffle l'un d'entre-eux. "Ce sont des radars qui sont très hauts, qui regardent les espaces, qui regardent si vous avez les deux mains sur le volant. Si vous vous grattez le nez, si vous mangez une banane ou un sandwich, vous êtes verbalisé, vous le savez ! Tout y passe !", assure-t-il.

Ce n’est pas de la prévention, c’est de la répression. Donc dans le principe, je suis contre. Les détériorer, ça m’est complètement égal.Une "gilet jaune"à franceinfo

Au total, 400 radars-tourelles doivent être installés d'ici la fin de l'année. Ils vont remplacer une partie des 1 000 radars détruits depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", selon le Conseil national de la sécurité routière.  "Je trouve que c’est scandaleux, répond une automobiliste, parce que ça coûte 60 000 euros." Les radars sont-ils utiles selon elle ? "Oui ! Quand on sait qu’il y en a sur telle ou telle route, on ne fonce pas comme un dingue !".

Suite à la dégradation du radar de Preixan, les services de l'État ont porté plainte. Une enquête a été ouverte.