Inflation : "L'alimentation devient une vraie source de préoccupation", alerte l'association Familles Rurales

Familles Rurales craint non seulement un basculement d'un plus grand nombre de familles dans la pauvreté mais aussi une détérioration de la santé des personnes du fait de la hausse du prix des aliments.

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Radio France
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En plus de la loi pouvoir d'achat, le gouvernement souhaite accorder un chèque alimentaire, d'au moins 100 euros, aux ménages les plus modestes. En direct de Matignon, lundi 27 juin, le journaliste Julien Nény fait le point sur le dispositif.   (MYCHELE DANIAU / AFP)

"L'alimentation devient une vraie source de préoccupation" alors que les prix de certains produits augmentent dans les rayons, alerte le responsable des relations institutionnelles chez Famille Rurales, Jean-Baptiste Baud, samedi 25 juin à franceinfo. Il demande des "mesures ciblées" en fonction des revenus des ménages et de leur lieu d'habitation pour faire face à l'inflation qui atteindra 6,8% en 2022, selon l'Insee.

franceinfo : Quels sont les prix qui augmentent le plus en raison de l'inflation ?

Jean-Baptiste Baud : Depuis déjà plusieurs mois, on constate qu'il y a une inflation constante. Au début, on a beaucoup parlé, et c'est encore le cas, des prix de l'énergie, du chauffage, des carburants. C'est vraiment une préoccupation pour nous puisque les habitants du milieu rural ont des dépenses qui sont plus fortes que celles du milieu urbain. Pour les carburants, depuis un mois ou deux, c'est vrai. Mais l'alimentation devient aussi une vraie source de préoccupation avec une augmentation des prix dans les rayons que l'on constate au quotidien. Toutes ces augmentations se cumulent dans un contexte où les familles, depuis déjà plusieurs années, ont des dépenses contraintes qui sont de plus en plus fortes, notamment du fait des prix du logement et de l'énergie. En un mot, ça devient très difficile pour de nombreuses familles de boucler leurs fins de mois.

Craignez-vous que des Français qui s'en sortaient économiquement jusqu'à présent bascule dans une forme de pauvreté ?

Oui, c'est ce que l'on redoute. Je rappelle quand même qu'il y a plus de neuf millions de nos concitoyens qui sont déjà sous le seuil de pauvreté et, quand on regarde effectivement cette inflation dans les domaines que l'on a cités, ce qui est à craindre, c'est cette bascule.

"Il y a déjà eu des mesures d'amortissements qui ont été prises mais ce que l'on demande, c'est deux types de mesures plus ciblées économiquement et territorialement pour répondre aux personnes qui en ont le plus besoin."

Jean-Baptiste Baud de Familles Rurales

à franceinfo

Par exemple, pour la question des carburants, ce n'est pas la même chose lorsque l'on ne dispose pas de transports en commun ou d'alternative aux véhicules individuels que lorsqu'on en dispose. Aujourd'hui, la ristourne qui est faite sur le carburant va concerner une famille au Smic qui doit utiliser sa voiture tout comme le cadre supérieur qui a un SUV et qui aurait peut-être accès à des transports en commun. Je rappelle qu'en milieu rural, c'est 40% de dépenses en carburant de plus. Ensuite, il faut aussi avoir conscience que la problématique des passoires énergétiques touche aussi particulièrement le milieu rural. Il y a une autre problématique, c'est celle du fioul. Actuellement, il y a un bouclier pour le gaz et pour l'électricité, mais en milieu rural, 20% des personnes se chauffent encore au fioul. Il y a des réglementations qui vont arriver pour qu'on sorte de cette énergie, mais il faut les accompagner.

Comment s'en sortent les familles les plus modestes ?

Les familles font malheureusement comme elles le peuvent. Ce qui est inquiétant, c'est qu'avec l'augmentation du prix de l'alimentation, ce qu'on constate, c'est que maintenant, il va y avoir des sacrifices qui seront faits sur ce poste de dépenses et donc des sacrifices forcément, à un moment donné, sur la qualité de l'alimentation.

"C'est une source d'inquiétude puisque nous savons qu'une mauvaise alimentation a des conséquences sur la santé. Quand on regarde ce que l'État et la Sécurité sociale dépensent pour soigner ces maladies, je pense qu'on aurait vraiment intérêt plutôt à développer un plan de long terme sur le manger-sain et la prévention."

Jean-Baptiste Baud

à franceinfo

Le gouvernement a annoncé une mesure, un chèque, mais là, encore une fois, pas ciblé. Nous, nous demandons que ce soit ciblé sur les ménages les plus modestes.

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