Témoignages Loi anti-squat : les résidents temporaires, une solution "gagnant-gagnant" ou un nouveau "sous-statut locatif" ?

Alors que les députés débattent lundi 28 novembre d'une proposition de loi visant à alourdir les sanctions contre les squatteurs, certains propriétaires ont trouvé une solution : faire appel à des résidents occasionnels. Les contrats sont gérés par des sociétés de sécurité. Exemple dans le Val-d'Oise.

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Dans un contrat de résidence temporaire, les occupants doivent déclarer obligatoirement une adresse de relogement en cas de fermeture précipitée du bâtiment occupé. Photo d'illustration. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

Derrière la porte d'un ancien Ehpad à Ezanville, dans le Val-d'Oise, se cache un logement occupé par 35 personnes depuis septembre, principalement des étudiants. Des résidents temporaires et non pas des locataires : ce n'est pas le même statut. Ici, ils ne paient pas de loyer mais une redevance de 200 euros par mois, avec eau, électricité et chauffage inclus. "Je ne trouverais pas moins cher, ça me permet de faire des économies et de mieux manger", explique Cézar, 22 ans, un étudiant en informatique qui occupe une chambre de 16 m².

"J'ai vécu dans un neuf mètres carrés et je peux vous assurer que c'était pour approximativement le même prix". 

Cézar, résident temporaire dans le Val d'Oise

à franceinfo

Avant que l'Assemblée nationale n'examine, lundi 28 novembre, une proposition de loi visant à alourdir les sanctions contre les squatteurs – le ministère du Logement a garantit un texte "d'équilibre" qui prévoit trois ans de prison et 45 000 euros d'amende, contre un an de prison et 15 000 euros d'amende actuellement  certains propriétaires voit dans la résidence temporaire la solution contre l'occupation illégale de leur logement. Cézar a ainsi signé un contrat lui permettant de rester au moins deux mois dans l'ancien Ehpad, au maximum 18 mois. Un garant - même aux revenus modestes - suffit, il n'y a pas de caution exigée. L'étudiant a toutefois dû présenter un casier judiciaire vierge.

Reportage avec des résidents temporaires, dans le Val-d'Oise, de Benjamin Illy
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"Du jour au lendemain, on peut être foutu à la porte"

"C'est du gagnant-gagnant", assure Antoine Allaire, directeur de la société VPS Résidents Temporaires, agréée par l'Etat et qui a en charge la "protection par occupation" de cet Ehpad francilien. "On a un propriétaire qui parvient à se sécuriser gratuitement puisqu'il a une présence humaine dans le site. Il n'y a aucun risque de squat de possible."

"À tout moment, il peut récupérer son bien. Il y a juste un mois de préavis puisque les occupants sont des résidents temporaires et les résidents temporaires ne sont pas des locataires. Donc il n'y a pas de sujet de trêve hivernale."

Antoine Allaire, directeur de VPS Résidents Temporaires

à franceinfo

Ces trois dernières années, VPS a sélectionné plus de 5 800 résidents temporaires logés dans près de 800 propriétés. Mais ce dispositif inquiète certaines associations comme Droit au logement (DAL) dont Jean-Baptiste Eyraud est le porte-parole : "C'est du sous statut locatif, comme on en voit malheureusement de plus en plus. On sait que du jour au lendemain on peut être foutu à la porte." 

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