"Pas de colère" de la part du pompier bourguignon blessé à l'oeil lors de la manifestation à Paris

Jean Grébille ne sait pas s'il va récupérer l'usage de son oeil droit. Il compte porter plainte dans les prochaines semaines.

Pompier, un \"métier à risque\", questionnait un manifestant le 15 octobre à Paris.
Pompier, un "métier à risque", questionnait un manifestant le 15 octobre à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Une semaine après sa blessure à l'œil droit lors de la manifestation à Paris, Jean Grébille, pompier originaire de Beaune en Côte-d'Or témoigne, assure lundi 21 octobre à France Bleu Bourgogne ne pas ressentir de "colère", mais de "l'amertume". En arrêt maladie jusqu'en décembre, il compte porter plainte dans les prochaines semaines.

"Dès le début ça a tapé fort"

Mardi 15 octobre, ce pompier originaire de Beaune en Côte d'or a été blessé à l'œil lors de la manifestation de pompiers à Paris, pour dénoncer un manque de moyens, des sollicitations toujours plus nombreuses et des agressions fréquentes. Hospitalisé le soir même à Paris, il est sorti vendredi de l'hôpital : "Quand j'ai reçu le projectile, la première chose que je me suis dite, c'est : 'C'est foutu, j'ai perdu mon œil'. Et mon collègue qui m'a soulevé la paupière m'a dit : 'Tu vas devoir te faire hospitaliser, mon ami !'", a-t-il témoigné sur France Bleu Bourgogne.

Le soldat du feu de 52 ans est heureux d'être "de retour chez lui" mais il ne sait pas s'il va récupérer l'usage de son œil droit : "Les médecins étaient très pessimistes dès le début car ça a tapé fort", a-t-il ajouté.

On n'avait aucunement l'intention de se battre, ils nous ont agressés, repoussés violemment sans aucune raison. Perdre un œil pour défendre ses droits, ce n'est pas juste.Jean Grébille, pompier blessé lors de la manifestation à Parisà France Bleu Bourgogne

Jean Grébille dit ne pas ressentir de "colère" quand il songe à l'avenir, plutôt de "l'amertume". Quant à son avenir professionnel, Jean ne sait pas mais ça "ne sera certainement pas sur le terrain, il faudra trouver un poste aménagé".

Cet adjudant chef au SDIS 21 à Dijon est en arrêt maladie jusqu'en décembre, il se remet petit à petit. Il doit se faire opérer à Paris à nouveau jeudi et constituera un dossier pour déposer plainte dans les semaines qui viennent.