Prix de l'électricité : des salariés d'EDF en grève pour protester contre les mesures gouvernementales

Le gouvernement a demandé au groupe d'augmenter de 20 TWh le volume d'électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents. Une décision qui ne passe pas.

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France Télévisions
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La centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne, le 6 janvier 2022. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

"Stop au saccage d'EDF !" Des salariés du groupe sont en grève, mercredi 26 janvier, contre la demande de l'Etat-actionnaire de vendre davantage d'électricité à bas prix à ses concurrents. A la mi-journée, le taux de mobilisation s'élèvait à 37,20%, selon le service de presse de l'entreprise.

Face à la flambée des prix de l'énergie, le gouvernement a dégainé un arsenal de mesures pour contenir les factures des ménages et des entreprises et honorer sa promesse de limiter à 4% l'augmentation des tarifs réglementés en 2022, dans un contexte sensible, à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Du côté du premier fournisseur d'électricité en France, la dernière mesure annoncée a suscité une levée de boucliers : le gouvernement a demandé à EDF d'augmenter de 20 terawattheures (TWh) le volume d'électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents, pour le faire passer de 100 à 120 TWh à titre exceptionnel. Cette mesure aura "un coût pour EDF compris entre 7,7 milliards et 8,4 milliards d'euros en fonction des prix du marché", avait précisé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Fronde des salariés et du PDG

Après cette annonce, les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont lancé un appel à la grève des salariés d'EDF mercredi, alors que le groupe est déjà aux prises avec de nouveaux retards pour l'EPR de Flamanville et avec l'extension à de nouveaux réacteurs d'un problème de corrosion sur des systèmes de sécurité. "Au bout du bout, ceux qui vont payer, ce sera toujours les citoyens, au travers de leur facture, au travers de leurs impôts aussi", a estimé Fabrice Coudour, syndicaliste à la CGT.

Lors d'un déplacement en fin de semaine dans le nord de la France, la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a assuré qu'il n'était "pas question" de "fragiliser" EDF. Mais fait rare, cette mesure gouvernementale a ému jusqu'aux plus hautes sphères de l'entreprise : dans un message interne aux cadres d'EDF, le PDG, Jean-Bernard Lévy, a vivement critiqué la décision du gouvernement, qu'il a "combattue" et décrite comme un "véritable choc".

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