Coronavirus : "Il y a dix fois moins d'offres d'emploi que de chômeurs"

Hadrien Clouet, sociologue de l’emploi et du chômage à l’université de Toulouse (Haute-Garonne), est invité sur franceinfo, vendredi 22 janvier. Il commente les conséquences sur l’emploi de la pandémie de coronavirus. 

FRANCEINFO

Pôle Emploi embauche. Est-ce mauvais signe ? "Ce serait bon signe s’il y avait plus de personnel disponible pour les demandeurs d’emploi. Mais ce sont des embauches pour courir après une crise en cours. Ce sont des CDD de 18 mois pour essayer de résorber une situation d’urgence", estime Hadrien Clouet, sociologue de l’emploi et du chômage à l’université de Toulouse (Haute-Garonne). "D’un côté, il y a plus de chômeurs entrants à Pôle Emploi et beaucoup moins d’offres d’emploi disponibles : 6,5 millions de personnes inscrites pour quelque 600 000 offres, soit une offre pour dix chômeurs", souligne-t-il.

La santé d'un chômeur est plus fragile

"Les chômeurs ont toujours été une population à risque sur le plan de la santé (dépression, suicides...). Et de nouvelles personnes se retrouvent en danger sanitairement par la privation d’emploi", précise le jeune sociologue. "Selon l’Unedic, plus de 70% des chômeurs ont abandonné leurs projets, 90% sont prêts à des concessions. Très peu baissent les bras, au contraire, ils redoublent d’efforts", conclut Hadrien Clouet. 

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Une agence Pôle emploi à Gravelines (Nord), le 30 mars 2016.
Une agence Pôle emploi à Gravelines (Nord), le 30 mars 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)