Goodyear : 800 ex-salariés contestent leur licenciement

Cinq ans après la fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens (Somme), le conseil des prud'hommes doit rendre sa décision jeudi 16 mai. 800 ex-salariés demandent réparation pour leur licenciement.

FRANCE 3

Stéphane Chevin n'était pas revenu depuis cinq ans sur le site de son ancienne usine à Amiens (Somme), et il ne reconnaît plus rien : tout a été rasé. Pendant dix-huit ans, il a contrôlé les pièces détachées des machines de l'usine Goodyear. Mais de son ancien travail, il ne reste qu'un grand hangar bleu au fond d'un chantier. Stéphane Chevin est amer, il ressent du "dégoût" en voyant le sabotage de "tout ce qui avait pu être mis en place". À Amiens, Goodyear représente cinquante ans d'histoire, plus de 1 000 salariés et sept ans de combat pour Stéphane Chevin et ses collègues. Manifestations violentes, patron séquestré... Des actions coup-de-poing qui n'auront pas suffi : plus de 1 100 salariés sont licenciés.

Verdict sur les indemnités

Après son licenciement, Stéphane Chevin a perdu 17 kg et est resté cinq ans au chômage. Selon lui, retrouver un emploi avec la mention "Goodyear" rendait la tâche plus difficile. "Je mettais manufacture pneumatique pour éluder la question", confie-t-il. Stéphane Chevin a finalement retrouvé un emploi de téléconseiller, mais n'en a pas fini avec Goodyear. Il espère toucher 140 000 € d'indemnités pour licenciement abusif. "Ça vaut quoi 140 000 € par rapport à tous les collègues qui sont déjà morts, par rapport à tous les collègues qui se sont suicidés ?", interpelle-t-il. La décision des prud'hommes doit être rendue jeudi 16 mai.

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Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d\'un garage à Caracas, au Venezuela.
Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d'un garage à Caracas, au Venezuela. (FEDERICO PARRA / AFP)