Covid-19 : dans la Creuse, des restaurants autorisés à ouvrir pour servir des salariés

Grâce à une dérogation accordée par la préfecture, ils peuvent transformer leur établissement en cantine d'entreprise, quel que soit le secteur. Ce type de convention existe dans d'autres départements mais seulement pour les ouvriers et les artisans du BTP.

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Le restaurant Le Central de Boussac (Creuse) est autorisé à ouvrir en cette fin janvier 2021 pour servir uniquement des salariés. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

"Le menu ce sera une salade de lentille au lard fumé", "Vous avez besoin d'autres chose ? Un peu d'eau peut-être ?", "Voilà, bon appétit !"... Vous vous souvenez de ces phrases que l'on entendait le midi au restaurant entre collègues ? On peut les entendre en cette fin janvier, au Central, à Boussac dans la Creuse. Grâce à une dérogation accordée par la préfecture, les ouvriers et les artisans du BTP peuvent s'attabler dans un restaurant malgré les restrictions liées au Covid-19. Cela concerne aussi les départements du Maine-et-Loire, de l'Aveyron ou encore de la Haute-Vienne. Dans la Creuse, la dérogation s'étend même aux professions libérales, aux commerciaux et aux salariés de n'importe quel type d'entreprise.

La fin des plateaux repas et des sandwichs

Au Central, le brouhaha des clients, caractéristique du temps d'avant le coronavirus, est lui aussi de retour, une ambiance qui manquait à Philippe, cadre dans l'usine de la commune. "C'est un vrai plaisir, le bruit surtout. J'étais étonné tout à l'heure, je me suis dit 'ce bruit-là, je l'avais oublié'. Ça fait vraiment du bien, au delà de la table qui est excellente."

"On a vécu une période où on étaient avec des plateaux repas qui nous étaient donnés dans un endroit un peu plus austère à l'usine et c'est vrai que le fait de pouvoir sortir, ça fait une vraie coupure."

Philippe, cadre dans l'usine de Boussac

à franceinfo

Pour ceux qui travaillent sous la pluie, ce restaurant, c’est une bénédiction. "Trempé de la tête aux pieds. Rentrer au chaud ça fait du bien quand même", lâche dans un éclat de rire Thierry, un couvreur qui travaille sur un chantier, loin de chez lui.  "Quand on est en déplacement, on ne peut pas emmener notre nourriture pour la semaine, ça ne marche pas. Et manger des sandwichs toute la semaine, je vous garantis que ce n'est pas quelque-chose d'agréable. C'est quand même plus agréable de sortir du chantier, de venir là manger une heure, une heure et demi avec les collègues, c'est convivial. On sort du contexte du boulot."

Un spectacle qui fait des envieux

Lise-Marie et Jérôme, les patrons du restaurant le Central sont, eux, en plein boulot. Pendant cette crise sanitaire, avant de transformer leur établissement en cantine d'entreprise, le couple s’est bien mis aux plats à emporter pour garder leur commerce à flot, mais les plats à emporter, "ce n'est pas dressé comme on le souhaiterait, ce n'est pas aussi joli. Il n'y a pas cette échange avec les gens, leur demander si ça leur convient et puis avoir ce sourire quand les gens sont contents pour avoir leur retour aussi."

Jérôme, l'un des patrons du Central de Boussac (Creuse), se réjouit de pouvoir à nouveau servir des plats dressés joliment dans une assiette. (BORIS LOUMAGNE / RADIOFRANCE)

Et ces sourires, cette ambiance fait forcément des envieux. Il n’est pas rare que des passants toquent à la porte en espérant entrer. "Ça nous est arrivé oui bien-sûr, raconte Lise-Marie. Au départ ce n'était pas forcément facile mais après ils ont vite compris que c'était très exclusif et que malheureusement ce n'était pas possible pour les retraités, les familles. Il va falloir attendre un petit peu avant d'accueillir tout le monde." En attendant, le couple de restaurateurs se contente de cette ouverture partielle. Une vingtaine de couverts le midi, contre une cinquantaine en temps normal.

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