Le parquet de Paris s'oppose à la libération du militant antifasciste Antonin Bernanos

Cet appel ne suspend pas les effets de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention, ce qui signifie qu'Antonin Bernanos pourrait être remis en liberté avant cette audience.

Antonin Bernanos, jugé pour avoir attaqué une voiture de police, arrive au tribunal de Paris, le 20 septembre 2017.
Antonin Bernanos, jugé pour avoir attaqué une voiture de police, arrive au tribunal de Paris, le 20 septembre 2017. (MAXPPP)

Le parquet de Paris a fait appel, mardi 5 août, de la décision judiciaire qui ouvrait la voie à une remise en liberté prochaine du militant antifasciste Antonin Bernanos, écroué depuis avril après une rixe, a appris franceinfo du parquet de Paris, confirmant une information de l'AFP.

Le 2 août, un juge des libertés et de la détention (JLD) avait refusé de prolonger cette détention provisoire au-delà du 18 août. Le magistrat avait ordonné en conséquence que le jeune homme soit remis en liberté à cette date, sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique. L'appel du parquet ne suspend pas les effets de l'ordonnance du JLD, ce qui signifie qu'Antonin Bernanos pourrait être remis en liberté avant cette audience.

Condamné pour avoir attaqué une voiture de police

Cet étudiant de 24 ans, descendant de l'écrivain Georges Bernanos et figure de la mouvance d'extrême gauche antifasciste, est soupçonné d'avoir participé le 15 avril à une bagarre entre militants antifascistes et militants d'ultradroite qui s'étaient croisés à proximité de la cathédrale Notre-Dame, alors en feu.

Le 18 avril, Antonin Bernanos a été mis en examen pour "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'incapacité" et "vol avec violences ayant entraîné une incapacité supérieure à 8 jours" puis incarcéré. Antonin Bernanos est depuis plus d'un mois à la prison de la Santé à Paris.

Antonin Bernanos avait été condamné en octobre 2017 à trois ans de prison ferme pour avoir participé à l'attaque d'une voiture de police en mai 2016, quai de Valmy à Paris. Au cours du procès, il était devenu une figure emblématique de la mouvance antifasciste. Libéré en avril 2018 à la faveur d'aménagements de peine, il avait achevé de purger le reste de sa peine en liberté conditionnelle le 10 avril, soit quelques jours avant la bagarre.