Agressions de pompiers : "On prend un peu pour tout le monde"

"C'est un phénomène qui prend de l'ampleur", affirme le colonel Hugues Deregnaucourt, le vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, sur franceinfo.

\"D\'année en année, on constate 15% à 20% d\'augmentation des agressions vis-à-vis des sapeurs-pompiers.\"
"D'année en année, on constate 15% à 20% d'augmentation des agressions vis-à-vis des sapeurs-pompiers." (PHILIPPE MODOL / FRANCE BLEU)

Un sapeur-pompier des Deux-Sèvres a été agressé dans la nuit du lundi 19 août alors qu'il était en intervention à Aiffres, rapporte France Bleu Poitou. À l'arrivée des pompiers, mobilisés pour éteindre un feu d'habitation, vers 4 heures du matin, un homme de 33 ans a frappé l'un des pompiers au visage. Il était alcoolisé et agressif. Pendant le week-end des 17 et 18 août, deux agressions ont eu lieu contre des pompiers, dans les Yvelines et en Haute-Corse.

"Un fait sociétal qui nous inquiète" 

"C'est un phénomène qui prend de l'ampleur, a déploré sur franceinfo le colonel Hugues Deregnaucourt, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), directeur départemental du SDIS 01. 

D'année en année, on constate 15% à 20% d'augmentation des agressions vis-à-vis des sapeurs-pompiers.colonel Hugues Deregnaucourt

"On voit bien que ce n'est plus un phénomène qui appartient à certains quartiers. Cette violence est banalisée, c'est un fait sociétal qui nous inquiète," a déclaré le colonel, qui estime que la forte présence des pompiers est un facteur de cette hausse des agressions. "Nous sommes victimes de notre succès, a-t-il expliqué. Les sapeurs-pompiers de France sont à peu près 240 000 répartis sur 6 500 centres de secours. Donc, le premier secours auquel fait face la population ce sont les sapeurs-pompiers. C'est le premier équipage qui prend pour tous les maux que peuvent avoir les personnes qu'on va secourir. On prend un peu pour tout le monde."

"Les problèmes de paupérisation, de désocialisation, de violences intrafamiliales sont des choses bien plus profondes, a analysé Hugues Deregnaucourt On a aussi toutes les urgences et détresses psychologiques des personnes qui étaient prises en charge par les hôpitaux spécialisés, et qui restent maintenant chez elles."

Les pompiers attendent que "des peines soient prononcées, pas des fortes peines, mais qu'elles soient suivies, afin qu'il y ait une véritable prise de conscience," a conclu le vice-président de la FNSPF.