Société générale : les actionnaires ne toucheront pas de dividendes cette année

La direction du groupe veut ainsi privilégier le renforcement de ses fonds propres, comme l'exige ler écent accord européen sur le sauvetage de l'euro. 

Une agence de la banque Société générale à Dunkerque (Nord), le 10 août 2011.
Une agence de la banque Société générale à Dunkerque (Nord), le 10 août 2011. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Pour le ministre de l'Economie François Baroin, la Société générale "va dans la bonne direction". La banque ne distribuera pas de dividende pour 2011, a-t-elle annoncé, mardi 8 novembre, afin de privilégier le renforcement de ses fonds propres.

Ce choix, inédit depuis la privatisation de l'établissement en 1987, a été salué par les marchés : à la mi-journée, le titre était en largement tête des hausses du CAC 40.

Pourquoi la Société générale fait-elle ce choix ?

Tout découle de l'accord européen de sauvetage de l'euro du 27 octobre. Celui-ci prévoit que les fonds propres des banques doivent atteindre 9% "au 30 juin 2012", et ce en faisant appel en priorité à des sources de capital privées. Une semaine après l'accord, François Fillon a organisé une réunion à Matignon avec les principaux dirigeants du secteur bancaire. 

"Le renforcement des fonds propres des banques doit être leur priorité absolue", a martelé le Premier ministre, menaçant de faire appel au gouverneur de la Banque de France si les établisssements ne font pas preuve de "modération" dans leur politique de dividendes et de bonus.

Où vont se faire les économies ?

Le conseil d'administration de la banque rouge et noire ne proposera donc pas de dividende à ses actionnaires lors de la prochaine assemblée générale. Cela devrait permettre, selon la direction, d'économiser environ 500 millions d'euros.

Pour faire passer la pilule, le PDG Frédéric Oudéa a assuré que l'effort demandé aux actionnaires sera "partagé", notamment par le biais d'une diminution "significative" des bonus versés aux traders. Enfin, concernant la question de la rémunération de l'équipe dirigeante, le patron de la banque a concédé que "la période n'est pas à l'augmentation".