Renflouement du FMI et "règle d'or" au menu de la zone euro

Plusieurs réunions cruciales se tiennent cette semaine, sur fond de menace d'une dégradation de la note de plusieurs pays de la zone euro.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, à Bruxelles (Belgique), le 9 décembre 2011.
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, à Bruxelles (Belgique), le 9 décembre 2011. (FRANÇOIS LENOIR / REUTERS)

Les dirigeants de la zone euro ne pourront pas profiter des vacances de Noël tout de suite. Un début de semaine chargé les attend, sur fond de crise de la dette et de menace de dégradation de leurs notes par les agences de notation financière. Au menu : augmentation des ressources du Fonds monétaire international (FMI) et négociations sur le "pacte budgétaire".

• Lundi, les espoirs européens tournés vers le FMI

Les ministres des Finances de la zone euro vont se réunir sous forme de conférence téléphonique lundi 19 novembre à partir de 16 heures, heure de Paris. Leur principal objectif sera d'avancer sur les contributions européennes au FMI et d'évoquer le futur fonds de sauvetage financier permanent de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES), appelé à voir le jour mi-2012.

La zone euro et d'autres pays de l'Union européenne veulent renflouer le FMI à hauteur de 200 milliards d'euros au maximum. L'idée est qu'en retour, l'institution de Washington prête ensuite aux pays de la zone euro en difficulté. Cette initiative rencontre un succès mitigé. Pour l'instant, certains pays ont donné leur accord de principe, d'autres ne se sont pas prononcés du tout. La Belgique s'est ainsi dite prête à contribuer à hauteur de 9,5 milliards d'euros, quand le Royaume-Uni refuse carrément d'y participer.

Lundi toujours, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, doit s'exprimer devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen. Il a donné le ton dans un long entretien au Financial Times (article payant et en anglais), estimant que la BCE ne pouvait pas tout et jugeant prépondérant le rôle des Etats et du fonds de sauvetage pour rétablir la confiance en zone euro.

• Mardi, discussions sur la "règle d'or" européenne

Autre dossier à l'agenda de la zone euro, le début des négociations techniques concernant le traité intergouvernemental sur la discipline budgétaire renforcée décidé lors du sommet des 8 et 9 décembre. Les hauts fonctionnaires européens en discuteront mardi 20 décembre, avec pour but de boucler les travaux "fin janvier en vue d'une signature fin mars".

Les dirigeants européens, à l'exception notable du Premier ministre britannique, David Cameron, se sont entendus pour aboutir à un accord le 9 décembre. Celui-ci prévoit d'imposer des "règles d'or" sur le retour à l'équilibre budgétaire ou de rendre les sanctions financières contre les pays laxistes plus automatiques.

Le Royaume-Uni s'était exclu de ce projet lors du sommet, au nom de la défense des intérêts de la City. Mais finalement, il a obtenu de pouvoir assister à ces discussions techniques, qui s'ouvriront dans un climat tendu entre Paris et Londres à la suite d'échanges aigres-doux ces derniers jours.

• Toute la semaine, l'épée de Damoclès d'une dégradation

Ces réunions au sommet s'effectueront sous la menace d'une dégradation des notes des pays européens par les agences de notation. Mi-octobre, l'agence Moody's a annoncé qu'elle se donnait trois mois pour évaluer la pertinence du triple A de la France.

Standard & Poor's a prévenu début décembre qu'elle pourrait abaisser la note de quinze pays de la zone euro. Vendredi, Fitch lui a emboîté le pas en abaissant la perspective de la France à "négative" et en menaçant d'abaisser les notes de l'Espagne, l'Italie, la Belgique, la Slovénie, Chypre et l'Irlande d'ici à fin janvier.