À l'usine PSA de Vesoul, la direction propose aux salariés de passer au-delà des 35 heures hebdomadaires

Chez PSA à Vesoul (Haute-Saône), le projet sur un nouveau temps de travail local, à plus de 37 heures par semaine, va être soumis aux syndicats, divisés sur cet accord voulu par la direction.

Le siège du groupe PSA à Rueil-Malmaison, près de Paris (illustration)
Le siège du groupe PSA à Rueil-Malmaison, près de Paris (illustration) (MAXPPP)

L'annonce a été faite, lundi14 mai, aux organisations syndicales de PSA à Vesoul (Haute-Saône). La direction du premier site mondial de pièces de rechanges des marques Peugeot, Citroën et DS va soumettre un accord aux 2 400 salariés pour gagner en productivité. Le texte, s'il est approuvé, prévoit de faire passer la durée de temps travail de 35 heures à 37 heures 45 par semaine.

Un gain salarial à négocier

"On va travailler plus pour gagner un petit peu plus", explique Jean-Paul Guy, délégué CFTC, le deuxième syndicat sur le site. "Sur une journée type de 7 heures, on travaillera demain 7h33 donc un allongement du temps de travail de 7,8%, mais on ne serait payé que 2,8% en supplément."

Selon les calculs de la direction, cela devrait faire gagner 5% de productivité au site. "On distribue des pièces détachées et on est fortement concurrencé par de grands centres logistiques comme Amazon ou Geodis", explique Sébastien Galmiche, délégué de FO, lui aussi favorable à cet accord. "Ces grosses structures savent faire le travail, donc il faut se remettre en question."

La direction espère faire valider l'accord par les syndicats majoritaires, FO et CFTC, d'ici le 15 juin. Les deux organisations vont de leur côté négocier des hausses de salaires plus importantes et des garanties sur la pérennité du site. Mais la CGT, elle, ne signera pas l'accord.

Ça signifie mathématiquement une baisse du taux horaire pour les salariésJean-Pierre Mercier, délégué central CGT

"C'est 2h45 de travail par semaine supplémentaire, mais elles ne seront pas indemnisées comme des heures supplémentaires ni majorées à 25%", s'emporte Jean-Pierre Mercier, délégué central. "Donc pour nous, il n'y a que du perdant - perdant pour les salariés."

Depuis le début de la semaine la direction de Vesoul organise des rencontres et des réunions pour convaincre les salariés du bien fondé de cet accord sur le temps de travail. S'il est validé, il sera appliqué à partir du mois de septembre.

La fin des 35 heures souhaitée par la direction de PSA à Vesoul - un reportage d'Isabelle Raymond
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