Depuis son entrée en Bourse, Facebook n'a plus la cote

Action en chute libre, cadres sur le départ et image ternie… Les déboires s'accumulent pour l'entreprise de Mark Zuckerberg. 

Le fameux pouce \"J\'aime\" de Facebook affiché lors d\'une conférence à Dubaï (Emirats arabes unis), le 30 mai 2012. 
Le fameux pouce "J'aime" de Facebook affiché lors d'une conférence à Dubaï (Emirats arabes unis), le 30 mai 2012.  (DUNCAN CHARD / BLOOMBERG / GETTY IMAGES)

INTERNET - Mark Zuckerberg a-t-il fait une grosse bêtise en introduisant Facebook en Bourse le 18 mai 2012 ? Depuis ce jour, le réseau social accumule en tout cas les difficultés. Son action n'en finit pas de dégringoler et des démissions symboliques se sont produites au début du mois d'août. FTVi fait le point sur la crise traversée par la firme californienne. 

Départs en série

Comme révélé par le site Computer World (en anglais) le 9 août, quatre hauts dirigeants de Facebook ont démissionné au début du mois, après avoir revendu leurs actions. Il s'agit des directeurs chargés des partenariats et la direction marketing de la version mobile, ainsi que d'un responsable du design. Raison officielle : ils se sentent prêts à se lancer dans de "nouvelles aventures". Mais leurs départs sonnent comme un coup dur pour Facebook, alors que le cours de l'action du groupe ne fait que baisser. 

Dégringolade sur les marchés

A son introduction en Bourse - l'une des plus attendues de l'année et surtout la plus grosse de l'histoire d'internet - une action Facebook valait 38 dollars (un peu plus de 30 euros). Presque trois mois plus tard, elle s'est écroulée, perdant près de la moitié de sa valeur. Mardi 14 août, dans l'après-midi, elle plongeait sous la barre des 21 dollars, comme l'indique le site boursier des Echos. Pourquoi Facebook rencontre-t-il de telles difficultés ? Selon L'Expansion.com, le réseau social peine à attirer de nouveaux marchés et pâtit des craintes des investisseurs concernant le modèle économique envisagé sur la version mobile. 

La Californie ne "like" pas Facebook 

Si les difficultés s'accumulent pour l'entreprise, elles pourraient également dépasser le simple cercle de Facebook. A en croire Challenges.fr, la Californie (Etats-Unis) commence à craindre pour ses recettes fiscales. L'Etat espérait en effet "récupérer 1,9 milliard de dollars de recettes fiscales liées aux taxes sur les ventes d'actions Facebook" d'ici 2013. Mais comme l'explique le site économique, la chute de la valeur des actions pourrait entraîner un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de dollars. Et creuser un peu plus le déficit de la Californie, déjà conséquent : il est prévu à 15,7 milliards de dollars pour 2012. 

Faux amis et vrais alliés 

Outre ses premiers pas difficiles en Bourse, le réseau social doit aussi faire face à une image ternie. Début août, décidément un mois morose pour Facebook, l'entreprise a reconnu officiellement que 83 millions de ses 955 millions de comptes n'étaient pas de "vrais amis". C'est-à-dire que 8,7% des profils contreviennent aux règles d'utilisation (comptes dupliqués, d'animaux de compagnie, créés par une marque…). Un cercle vicieux qui ne va pas améliorer sa santé financière, le modèle économique de la firme reposant sur la publicité ciblée. 

Dans ce contexte, la date du 16 août pourrait compliquer un peu plus la situation du bébé de Mark Zuckerberg. Le moratoire qui interdit aux plus gros actionnaires de Facebook de revendre leurs actions arrive en effet à expiration à ce moment-là. Parmi eux, Microsoft, qui détient 262 millions d’actions Facebook, soit 1,7% du capital acquis en 2007 (et surtout un portefeuille aujourd’hui valorisé à 571,9 millions de dollars). Mais le géant de l'informatique devrait rester un allié dans l'adversité, assure ZDnet.com. Selon le site spécialisé, Microsoft devrait en effet poursuivre le partenariat plutôt que revendre ses actions Facebook. Enfin une bonne nouvelle pour Mark.