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PSA annonce la suppression de 8 000 emplois en France

En difficulté financière, le constructeur français s'attend à un recul de ses ventes de 10% en 2012. Le site d'Aulnay, où sont employés 3 000 salariés, fermera en 2014.

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Des salariés travaillent sur une chaîne d'assemblage de la Citroën C3, sur le site PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 8 juin 2011. (ANTOINE ANTONIOL / BLOOMBERG / GETTY IMAGES)

Le couperet est tombé : PSA Peugeot Citroën a annoncé, jeudi 12 juillet, la suppression de 8 000 emplois en France et l'arrêt de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où sont employés 3 000 salariés, en 2014. L'annonce a été faite par communiqué avant la tenue à Paris d'un comité central d'entreprise (CCE).

Le premier constructeur automobile français précise qu'il tentera de maintenir "la vocation industrielle" du site d'Aulnay-sous-Bois, et indique qu'il va travailler au "recentrage de la production en région parisienne sur Poissy" (Yvelines).

A Aulnay, PSA prévoit de proposer des postes à 1 500 salariés en interne et à 1 500 salariés dans le bassin d'emploi d'Aulnay "grâce aux actions de reclassement externe". Avec ce plan de sauvegarde de l'emploi, un plan de départs volontaires est également prévu. 

L'usine, où la moyenne d'âge est de 40-45 ans selon la CGT, fait vivre directement et indirectement environ 10 000 personnes dans un département où le chômage est plus élevé que la moyenne nationale. "PSA Aulnay, c'est 3 300 emplois mais aussi 9 000 avec les sous-traitants : nous n'avons pas la capacité d'accuser ce choc tout seul", a averti Gérard Ségura, maire PS d'Aulnay-sous-Bois.

Sur place, les ouvriers ont décidé de lever le pied et l'usine tourne au ralenti. "Là, on sort de l'atelier, l'usine est arrêtée, c'est la colère, c'est la rage. On déclare la guerre à PSA, depuis un an, on a entendu que des mensonges", a déclaré l'un des employés du site à l'AFP.

A Rennes (Ille-et-Vilaine), le plan de restructuration "conduirait à un redéploiement des effectifs de 1 400 emplois sur un total de 5 600 salariés".

Les représentants syndicaux doivent être informés de l'ensemble de ces mesures lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire qui se tient jeudi matin au siège de PSA à Paris. 

A Sochaux (Doubs), 579 emplois vont être supprimés, sur la base de départs volontaires, a annoncé la CGT. Selon le syndicat, qui s'appuie sur des documents fournis par la direction, 369 postes seront supprimés dans le secteur de la recherche et développement (R&D), 200 postes dans le secteur de la production et dix autres dans des services divers. "C'est dangereux pour les salariés concernés mais aussi pour le développement des projets dans son ensemble, qui sera mis à mal par une perte des savoir-faire", déplore le syndicat.

Par ailleurs, environ 700 des 1 600 intérimaires du site de Sochaux ne devraient pas être reconduits, en raison de la baisse progressive de la production des Peugeot 3008 et 5008 et de la Citroën DS5, annoncée en juin, et de celle de la 308, a précisé la CGT.

"Un projet de réorganisation indispensable", selon le PDG

"Je mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui, ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement", explique le président du directoire de PSA, Philippe Varin, cité dans le communiqué.

Mais "l'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés".

Invité du JT de 20 heures, le patron du groupe automobile a assuré qu'il n'y aurait toutefois "pas de licenciements secs, nous proposerons une solution à chaque salarié".

En bourse, le titre PSA en nette hausse

Le titre du constructeur automobile français a pris 3,46% à 7,39 euros, à 9H10. Elle signait ainsi la seconde plus forte progression de la cote.

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