Covid-19 : pour sécuriser le trafic aérien, l'IATA teste son "Travel Pass", un "outil de certification essentiel"

Ce "passeport numérique" servira à transmettre le statut sanitaire des passagers qui le souhaitent aux compagnies aériennes et aux États afin de permettre la réouverture des frontières.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien, invité éco de franceinfo mercredi 26 février 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Singapore Airlines va inaugurer la semaine prochaine un "passeport numérique" développé par l'Association internationale du transport aérien (Iata) qui permettra à des passagers volontaires de prouver leur statut sanitaire face au Covid-19. Il s'agit d'une application, un "outil de certification essentiel pour rouvrir les frontières de manière sûre et en ayant la confiance des États", a expliqué mardi 9 mars Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien, sur franceinfo. "Le déploiement devrait commencer fin mars, début avril".

>> Suivez notre direct pour avoir les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19.

franceinfo : Chaque passager peut enregistrer son statut sanitaire dans "Travel Pass", c'est bien cela ?

Alexandre de Juniac : Oui, c'est bien cela. Nous avons constaté que les gouvernements ont besoin de confort, de certification pour rouvrir leurs frontières. Pour être sûrs que les passagers qui arrivent sur leur sol ne viennent pas avec le virus et ne réinfectent pas leur pays et la population, nous avons développé un outil dans lequel on décrit l'intégralité des demandes que font les États pour entrer chez eux, quelles qu'elles soient. Cela peut être le visa, ça peut aussi être les conditions sanitaires. Ensuite on donne une liste de laboratoires, de centres de vaccination auxquels on peut se rendre. Troisièmement, ces centres ou ces laboratoires, une fois qu'ils ont opéré la vaccination ou le test, ils mettent dans l'application un QR code qui dit que tout a été fait selon les conditions quelques jours avant. Et ensuite, le passager décide, au moment où il va voyager qu'il va transférer ces informations à la compagnie aérienne, à l'état d'accueil ou à l'état de départ. C'est un outil de certification qui est essentiel pour rouvrir les frontières de manière sûre et en ayant la confiance des États.

D'après vous, un tel dispositif est inévitable pour relancer le secteur aérien, en grande difficulté ?

Inévitable, oui, probablement. Je rappelle que la plupart des États ont fermé leurs frontières, soit complètement, soit avec des conditions d'entrées très strictes, par exemple avec des quarantaines de deux à trois semaines qui découragent complètement tous les motifs de voyage. Donc si on veut redonner aux États la confiance, il faut qu'ils soient sûrs que le passager remplit bien les conditions qu'ils ont mises pour entrer sur leur territoire.

On entend bien les avantages de clarté des informations, pourtant seule une dizaine de compagnies aériennes a choisi de tester ce dispositif ?

Nous avons commencé le développement de cette application au mois de novembre, donc c'est assez récent. C'est une application qui aura des milliards d'utilisations donc ça prend un peu de temps d'avoir un outil qui fonctionne et qui sera accepté par 193 États sur la planète, utilisé par des milliards d'usagers sur la planète, par des centaines de compagnies aériennes. L'outil est en test, on est en train de le tester aujourd'hui entre Singapour et Londres avec un premier vol où les passagers volontaires vont utiliser cette application, donc c'est normal que ça ne soit pas tout à fait prêt. Le déploiement devrait commencer fin mars, début avril. Nous allons essayer de le déployer avec la plupart des grandes compagnies du monde qui ont signé avec nous. Nous ne prétendons pas au monopole, il y a d'autres applications. J'aurais préféré qu'Air France-KLM prenne l'IATA Travel Pass, mais bon, nous ne sommes pas là pour imposer nos solutions. Ce que l'on pense c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait trop d'applications pour ne pas compliquer la situation pour tout le monde, les compagnies aériennes et surtout les passagers, parce que sinon ça va devenir un casse-tête épouvantable.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Aéronautique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.