Tuberculose, bactéries résistantes : "Un problème mondial"

Les cas de tuberculoses résistantes croissent en France, importées par des migrants venus d'Europe de l'Est. Depuis une dizaine d'années, mondialisation oblige, les maladies se propagent plus rapidement.

La bactérie Burkholderia pseudomallei, isolée par le Centre de prévention des maladies de Taïwan.
La bactérie Burkholderia pseudomallei, isolée par le Centre de prévention des maladies de Taïwan. ( AFP / PHOTONONSTOP)

Les cas de tuberculoses résistantes croissent en France. Quatre-vingt douze cas ont été signalés en 2012, contre 40 en 2010. Les patients français sont rares, la plupart des personnes atteintes sont originaires d'ex-URSS, comme le montre ce reportage de nos confrères de France 2.

Une hausse "inquiétante sur le plan de la santé publique", estime la Direction générale de la santé, qui précise que "les tuberculoses résistantes constituent un problème important dans toute l'Europe de l'Est et l'Asie Centrale, mais aussi en Afrique du Sud, en Chine ou en Inde." Francetv info a cherché à savoir quelles sont ces maladies qui s'importent et l'ampleur du phénomène.

Paludisme et typhus en tête

Les maladies infectieuses tropicales, provoquées par la transmission d'un micro-organisme (virus, bactérie, parasite, champignon) peuvent arriver en France de deux manières : soit dans la valise du touriste, soit dans les bagages du migrant. "La plus fréquente, c'est le paludisme", assure Daniel Vittecoq, professeur spécialisé dans les maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, au nord de Paris. Il existe des stades plus ou moins graves de la maladie, d'une fièvre à 40°C, pénible mais bénigne, à des températures qui peuvent être fatales. 

La fièvre typhoïde, plus connue sous le nom de typhus, est la deuxième maladie infectieuse la plus courante. Elle se transmet par des boissons ou des aliments déjà contaminés. Bien soignée, elle ne tue pas. "Mais les malades immuno-déprimés doivent faire attention, car ils mettent leur vie en péril", prévient Daniel Vittecoq.

"Les bactéries n'ont pas de passeport"

"Le vrai problème, ce sont les bactéries très résistantes aux antibiotiques, heureusement encore rares en France", poursuit le professeur. Cependant, 80% des gens affectés par la résistance des bactéries ont été hospitalisés à l'étranger l'année précédente. "C'est un problème mondial qu'on est en train de découvrir. Les bactéries n'ont pas de passeport", poursuit-il. Depuis une dizaine d'années, mondialisation oblige, les maladies se propagent plus rapidement.

En France, le développement des tuberculoses résistantes "pose question" pour Daniel Vittecoq. "Il ne faut pas que la maladie s'implante. Il faut prendre des précautions pour le personnel soignant. C'est un phénomène qui émerge, mais dont on doit s'occuper", soutient-il. 

En Europe, le point noir c'est la Grèce. "Il y a des bactéries très résistantes en Grèce. Sans doute en raison d'une utilisation trop large et irrationnelle des antibiotiques et d'une transmission facilitée par la baisse du personnel", explique Daniel Vittecoq. Ailleurs dans le monde, la grande résistance des bactéries est surtout présente en Inde et dans certains pays d'Afrique.