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Treize cas qui montrent que la Pokémania va parfois beaucoup trop loin

Sorti début juillet 2016, le jeu de réalité augmentée "Pokémon Go" rencontre un succès phénoménal partout dans le monde. Jusqu'à provoquer des situations embarrassantes.

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France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min.
Un Américain joue au jeu "Pokémon Go" dans les rues de Palm Springs (Californie, Etats-Unis), le 11 juillet 2016. (SAM MIRCOVICH / REUTERS)

Si vous n'en avez pas entendu parler, c'est que vous êtes sûrement en pleine retraite spirituelle dans une grotte. Lancée initialement en Nouvelle-Zélande et en Australie le 5 juillet, le jeu de réalité augmentée Pokémon Go, créé par la société Niantic, atteint désormais les 100 millions de téléchargements dans le monde

Et une ferveur sans précédent s'est emparée des joueurs, qui chassent désespérément les Pokémon dans les rues. Mais la Pokémania va parfois beaucoup trop loin ! Petit panel de la folie Pokémon Go

Un ossuaire devenu une "arène" pour Pokémon

Les visiteurs adoptent un comportement étrange. Plutôt que de se recueillir, ils s'affrontent virtuellement. Car l'ossuaire de Douaumont, dans la Meuse, un lieu de recueillement à la mémoire des soldats de la bataille de Verdun en 1916, s'est transformé en "arène" Pokémon, un lieu où s'affrontent les joueurs.

On s'en est aperçu parce que les gens déambulaient avec un portable devant la tête, sur la nécropole et dans l'ossuaire proprement dit.

Olivier Gérard

Directeur de l'ossuaire de Douaumont

De plus, les monuments en hommage aux soldats musulmans et israélites sont devenus des Pokéstops, des points d'arrêt permettant de récupérer des objets ou des créatures. Ainsi que la plaque commémorant la poignée de main entre Helmut Kohl et François Mitterrand en 1984, symbole de la réconciliation franco-allemande. Une "arène" qui n'est pas du goût du directeur de l'ossuaire. Olivier Gérard souhaite ainsi interdire le jeu dans ce lieu de mémoire. 

L'ossuaire de Douaumont, qui contient les dépouilles de plus de 130 000 soldats morts lors de la bataille de Verdun, et le cimetière militaire adjacent.  (MANUEL COHEN)

"Pokémon Go" s'incruste jusqu'à Auschwitz

L'application a déjà suscité de nombreuses polémiques. A Auschwitz, en Pologne, la direction du musée de l'ancien camp d'extermination nazi a demandé à ce que le jeu soit exclu du site.

"Permettre des jeux de ce type sur le site du mémorial et du musée d'Auschwitz-Birkenau est irrespectueux de la mémoire des victimes du camp de concentration et d'extermination à plusieurs égards", a écrit le porte-parole de l'institution, Pawel Sawiski.

"Pokémon Go" contre l'Etat islamique

Un Carapuce en Irak. C'est le site américain The Verge (en anglais) qui relate cette histoire. "Je viens d’attraper mon premier Pokémon sur le front de Mossoul (…) Daesh, venez me défier à une bataille de Pokémon. Les mortiers, c’est pour les mauviettes.", raconte Louis Park, un volontaire américain, ancien de la marine, qui combattrait l'Etat Islamique (EI) sur le front de Mossoul, en Irak, aux côtés d'une milice. 

Le lancement des "Pokétrains"

Caen, Châlons-en-Champagne, Angers...Vous êtes un amoureux du patrimoine ou un adepte des petites balades tranquilles à bord de l'habituel petit train touristique ? Tant pis pour vous. Vous risquez d'être dérangé par des hordes de chasseurs à l'affût.

Dans ces trois villes, les offices du tourisme ont décidé de surfer sur la Pokémania en lançant le "Pika tchou-tchou" (à Châlons-en-Champagne) ou encore le "Pokétrain" (à Caen). Le concept est le suivant : le petit train touristique de la ville effectue le parcours classique, tout en s'arrêtant en cas d'éventuel Pokéstop, ce passage obligatoire pour obtenir différents objets essentiels à la chasse aux Pokémon. Car pour les joueurs, avec une vitesse frôlant le 5 km/h, le petit train est idéal pour attraper les petits monstres. Sans se fatiguer. 

 Le "Human Go" suisse

Ils travaillent pour l'agence de communication FadeOut et ont été mandatés par l'office du tourisme de la ville de Bâle, en Suisse. Objectif : organiser la riposte des Pokémon et se venger des dresseurs. Et quatre individus, déguisés en Pikachu, ont semé la pagaille dans les rues en lançant d'énormes Pokéballs sur des passants innocents.

Leur vidéo a été déjà été visionnée plus de 25 millions de fois. Reste à savoir si la revanche est prévue. 

"Pokémon Go" enseigné à la fac

"A l'automne", les étudiants de l'université de l'Idaho, aux Etats-Unis, pourront participer à un nouveau cours basé sur le jeu Pokémon Go"Cette application représente davantage que le simple fait d'envoyer une Pokéball", justifie Steven Bird, membre du département de Sciences humaines, sur le site de la faculté (en anglais)

Selon ce professeur, il s'agit de montrer comment le jeu encourage des personnes timides à aller dehors et à rencontrer de nouveaux joueurs. Soit. 

Le CV "Pokémon Go"

Un étudiant en communication, Jason Loizeau, pour se faire remarquer par ses futurs employeurs, a rédigé son CV aux couleurs du jeu vidéo. Objectif : obtenir un contrat en alternance dès le mois de septembre. Pour les besoins de ses recherches, il s'est ainsi transformé en Pokémon sur son CV, indiquant même son poids et sa taille.

La seule question qui se pose désormais : est-ce que les employeurs vont finir par l'attraper ?

Le "Pokémon Go" porno

Le jeu de réalité augmentée a désormais le droit à ses premières parodies. Et les producteurs de films pornographiques français Jacquie et Michel ont saisi l'occasion en sortant leur version réservée aux adultes.

Le succès n'a pas tardé, la bande-annonce aurait été vue 1,2 million de fois en l'espace de quelques jours. 

"Pokémon Go", la CIA et les Illuminatis

"Pokémon Go est un complot Illuminati/Reptilien pour contrôler nos esprits et nous surveiller où que nous soyons !", explique (ironiquement?) cet internaute sur un forum. Car sur internet, les théories pullulent pour comprendre le véritable objectif de Pokémon Go. Le Monde relate ainsi que, selon le site de propagande russe sputniknews.com, l'application servirait à fournir des informations aux services de renseignement américains. Une information reprise par d’autres sites "complotistes", tels Infowars.com ou Nouvelordremondial.cc

Premier procès pour "Pokémon Go"

Cela devait arriver tôt ou tard. C'est le site américain Polygon qui révèle qu'un premier procès a été lancé contre la société Niantic, le développeur du jeu au succès planétaire. Le plaignant ? Un Américain du New Jersey, qui en avait assez de voir débarquer des inconnus chez lui. Selon la plainte, "au moins cinq personnes sont d'ailleurs venues sonner à sa porte pour savoir si elles pouvaient entrer dans son jardin pour les capturer".

L'objectif de cette plainte est donc de dénoncer le placement d'arènes et de Pokéstops sur des propriétés privées sans l'accord des propriétaires, d'après le site spécialisé. 

"Pokémon Go" sur Le Bon Coin

Sur Ebay ou Le Bon Coin, les sites de vente de particuliers à particuliers, les annonces concernant des comptes de dresseurs sont nombreuses. Et les prix varient de 10 à des centaines d'euros, selon le niveau du joueur. Bref, c'est un business plutôt juteux qui se développe désormais.

Avec une cagnotte suffisante, un joueur un peu fainéant peut tous les attraper... depuis son canapé. 

Sur le bon Coin, des comptes Pokémon Go sont à vendre (CAPTURE ECRAN LE BON COIN)

"Jésus se soucie des joueurs de 'Pokémon'"

Comme le raconte La Croix, certaines Eglises tentent de profiter de la popularité du jeu. Alors que certains édifices religieux servent de Pokéstops pour les joueurs, des paroisses essayent d'attirer de nouveaux fidèles. L’Eglise d’Angleterre encourage même les paroisses dans tout le pays à accueillir ces joueurs, car "Pokémon Go donne l’opportunité de rencontrer les personnes qui normalement ne vont pas à l’église locale". 

Un conseil très vite pris au sérieux. Une église méthodiste (protestante) de City Road, à Birmingham (Royaume-Uni) afficherait ainsi : "Jésus se soucie des joueurs de Pokémon". Et pour mélanger prière et chasse aux Pokémon, l’église du Christ à Stone, dans la campagne anglaise, a organisé une fête au sein de l’établissement . 

Les Pokémon aux Jeux olympiques

A Rio, il y a les JO, mais également, désormais, Pokémon Go. Certains athlètes, comme le Français Matthieu Peche, avaient constaté avec horreur que l'application n'était pas disponible au Brésil. 

Heureusement, le 2 août, Niantic a lancé l'application sur tout le continent sud-américain. Soulagement. Et entre deux épreuves, les athlètes peuvent de nouveau endosser leur tenue de dresseur. 

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