En Chine, Yuan Meng, le panda géant de Beauval, "va participer à la reproduction" de l'espèce, explique l'ambassadeur des pandas de Chengdu

Né en France, Yuan Meng s'est envolé vers la Chine. Une fois sur place, son rôle sera "de participer au programme d'élevage en captivité du panda géant", explique Jérôme Pouille, ambassadeur des pandas de Chengdu.
Article rédigé par France Info
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Yuan Meng devra s'habituer "à de nouvelles espèces de bambou" une fois arrivé en Chine. (GAO JING / XINHUA)

En Chine, Yuan Meng, le panda géant de Beauval, "va participer à la reproduction" de l'espèce et "ne sera jamais relâché", a expliqué mardi 25 juillet sur franceinfo Jérôme Pouille, ambassadeur des pandas de Chengdu et fondateur et l'auteur et éditeur du site internet d'informations et d'actualités panda.fr alors que Yuan Meng, le premier panda né en France en 2017, a quitté le ZooParc de Beauval (Loir-et-Cher) et décollé de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle pour rejoindre la Chine. Ce "trésor national" de la Chine est le "symbole des espèces en voie de disparition", rappelle Jérôme Pouille. Yuan Meng va devoir notamment s'habituer "à de nouvelles espèces de bambous et à un nouveau langage".

franceinfo : Pourquoi y a-t-il eu une débauche de moyens de sécurité pour le départ de Yuan Meng ?

Jérôme Pouille : Le panda est un animal symbole à plusieurs titres. C'est déjà le trésor national pour la Chine, qui ne prête ses pandas qu'aux nations amies. Il ne faut pas oublier que le panda est aussi le symbole des espèces en voie de disparition, il en reste très peu, que ce soit dans la nature ou en captivité. Et chaque déplacement de panda, qu'il soit dans le sens Chine vers la nation qui le reçoit ou au contraire au moment du rapatriement des jeunes qui naissent hors de Chine, il y a un certain protocole qu'il faut respecter. C'est une espèce qui est inscrite dans des textes internationaux comme espèce menacée. Là, il s'agissait également d'assurer le transport sans faille par camion de Yuan Meng depuis le zoo de Beauval jusqu'à l'aéroport de Roissy. Comme ce départ était sous l'œil de nombreux journalistes, mais aussi d'hommes politiques, c'était important d'assurer la sécurité complète de ce transfert.

Est-ce que l'adaptation pour ce panda né en captivité sera difficile ? Comment digérer un tel transfert de la France vers la Chine dans des conditions pas forcément évidentes ?

La phase du transport est en effet une phase sensible pour l'animal, qui n'est bien sûr pas habitué à ce genre de chose. Il ne faut pas oublier que Beauval a construit la caisse de transport il y a quelques semaines, elle était dans les loges intérieures et Yuan Meng était habitué progressivement à rentrer dans cet objectif qu'est la cage. De sorte que ce matin, quand il y est entré pour une durée quasiment de 24 heures, il est entré sans stress ou avec le moins de stress possible.

"Il fait le voyage accompagné par la soigneuse qui s'en est occupée depuis qu'il est tout bébé, ils se connaissent mutuellement. Il est aussi assisté du vétérinaire de Beauval. Ils sauront lui fournir le bambou à volonté pendant le vol et de quoi boire."

Jérôme Pouille

à franceinfo

Une fois arrivé en Chine, il va falloir qu'il s'habitue à de nouvelles espèces de bambous et à un nouveau langage, parce qu'en France on lui parlait en français, ce qui ne sera pas le cas en Chine. Il va passer un mois en quarantaine en Chine et ne sera pas mélangé aux autres pandas de la base de Chengdu, le temps de s'habituer à ses nouveaux soigneurs, sa nouvelle alimentation, le nouvel air qu'il va respirer. Yuan Meng n'est pas un panda qui est connu pour être très stressé. Je ne suis pas très inquiet.

Quelle vie attend Yuan Meng en Chine ? Une vie en captivité où est-ce qu'il aura droit à un petit peu de liberté ?

Yuan Meng ne sera jamais relâché dans le milieu naturel. Pour autant, la base de recherche et de reproduction de Chengdu où il va vivre est une sorte de grand centre où il y a de nombreux pandas avec des enclos qui valent au moins ceux de Beauval en termes de qualité architecturale et paysagère. Le rôle de ce centre, c'est aussi de participer à la reproduction. Et c'est bien le devenir de ce panda qui est né et qui a vécu déjà trop longtemps en captivité pour être relâché. Son rôle sera de participer au programme d'élevage en captivité du panda géant. Dès qu'il aura la maturité sexuelle complète, on peut espérer peut-être dès le printemps prochain - puisqu'il va avoir six ans au mois d'août – qu'il participe à la reproduction et qu'on lui présente un certain nombre de femelles pour voir comment il réagit. Chengdu privilégie maintenant des accouplements naturels.

Le panda a une grande importance diplomatique pour la Chine. Elle ne donne jamais ses pandas. Ce sont des prêts.

Au tout début de la diplomatie du panda, la Chine offrait ces pandas aux nations étrangères. Très rapidement, ces dons ont été controversés, parce que cela ne s'inscrivait dans aucune logique de gestion de la population captive. Aujourd'hui, pour mieux gérer scientifiquement et génétiquement cette population captive, il y a un seul gestionnaire, en l'occurrence la Chine, qui prête ses pandas. Il n'y a plus qu'un seul panda dans le monde qui n'appartient pas à la Chine, c'est un survivant de panda offert qui vit à Mexico. Mais quand il se sera éteint, tous les pandas dans le monde appartiendront définitivement à la Chine.

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